Fascination

Il y a belle lurette que j'ai troqué l'eau précieuse, et l'air niaiseux / blasé de l'ado contre l'eau de Rochas et l'air affairé /stressé de la trentenaire.

Pour autant pouvais-je passer à côté de la saga du moment, qui défraye la chronique et concourt à la mort de milliers d'arbres au seul motif qu'elle est destinée aux boutonneux?

A posteriori, oui.

A priori, certainement pas.

Bella, enfin Isabella Swan, vient habiter chez son père pour laisser sa mère vivre un peu sa vie avec son amoureux. Il va sans dire qu'elle quitte un endroit enchanteur et ensoleillé pour aller s'enterrer dans une contrée humide et tristounette.

Bella est une ado modèle : ni belle ni moche, elle mitonne de petits plats à son papa, fait consciencieusement ses devoirs, respecte les limites de vitesse, bref le récit poussif de sa morne existence plonge le lecteur dans un ennui profond.


Elle tombe naturellement grave amoureuse du godelureau de service qui a tout pour emporter 150% des suffrages féminins : beau à tomber par terre (356 allusions à sa saisissante beauté), d'une grâce féline mais d'une force herculéenne, charmeur et séducteur ; même son haleine est envoûtante (au moins 5 évocations de ce parfum enivrant).

Le mélange de Brad Pitt, Manimal, Julio Iglesias et d'un tictac.

La terne Bella succombe comme une mouche sous le charme (vous ai-je dit qu'il en avait à revendre?) vénéneux d'Edward. Et oui, parce que le jeune homme est non seulement beau, mais alors que les autres lycéens sentent le clerasil et la transpiration, il émane de l'adonis un arôme de souffre et de mystère : solitaire, à l'humeur changeante, soufflant le chaud et le froid, tantôt sauvant Bella d'une mort certaine, et tantôt la traitant comme un chewing-gum collé à sa semelle.

Bella ne nous épargne rien de ses consternants atermoiements, de ses insupportables états d'âme (rho, je suis trop folle de lui, haaaan, mais non, je ne peux pas, rhhaaa, tant pis je fonce) avant de céder à la passion.

Apprendre que l'élu de son coeur de midinette est un vampire ne lui fait ni chaud ni froid, la démonstration de ses stupéfiants pouvoirs lui arrache à peine un petit malaise, bref tout roule pour l'oie blanche, qui ne craint à aucun moment de se retrouver égorger comme un poulet par son ami buveur de sang.

Décidément, le manque de soleil entame gravement le discernement de Bella et elle est à peine plus émue lorsqu'un de ses amis lui annonce être le descendant d'un loup-garou, et la met en garde contre le peuple des vampires...

A ce stade de mon résumé, je suis sûre que vous mourrez d'envie de connaître la suite.

Ben ouais, mais ça serait salaud de dévoiler une si belle intrigue!!!

Non?

Bon d'accord.

Nous avions laissé Bella Swan et Edward Cullen, se gaussant du danger que représente leur relation, faire les foufous dans les bois et jouer au baseball par soir d'orage, avec toute la famille Dracula.

Soudainement arrive une bande de nouveaux vampires, mais mauvais, pas du tout dans l'esprit bon enfant des Cullen. Le chef de la bande se rend compte de suite que Bella est un gibier potentiel, et commence à se lécher les babines. Of course, Edward s'insurge, se rebelle, lui explique que non, ça va pas être possible.

Mais le malintentionné vampire est un "traqueur", entendez un super méchant vampire, qui ne recule devant rien quand il se met un gros défi en tête.

Vous l'aurez deviné, il veut croquer l'appétissante Bella.

Je vous la fais courte : la famille Cullen-Dracula en entier se met en travers de son chemin, l'assoiffé perfide échoue lamentablement malgré l'emploi d'un odieux subterfuge, et Bella est sauvée par l'élu de son coeur.

A la fin, Bella met son mouchoir sur son aversion pour la danse et va au bal de l'école, tournoyer dans les bras de son amoureux...

Faut-il que je fasse d'autres commentaires? L'intrigue est à la hauteur du style : plate et sans surprise.

Stephenie Meyer estime qu'utiliser trois fois l'imparfait du subjonctif et citer Jane Austen suffit à transformer un journal intime d'ado privée d'imagination en littérature. Je ne partage pas cette opinion.

Et pis c'est tout.

Marseille quart nord




Connaissez-vous Benito Pelegrín?

 

Quoi, vous n'avez pas lu D'un temps d'incertitude, Europe XVIe-XVIIe siècle?

 

Ah bon?

 

Ok, moi non plus.

 

 

D'ailleurs, je ne pensais jamais lire un bouquin de chez Sulliver, vu que ça tape plutôt dans de l'essai sociétal, de la littérature cérébrale, pour laquelle je ne suis pas intellectuellement équipée.

 
Mais l'éditeur m'a gentiment proposé de me l'envoyer, m'assurant qu'il n'était point besoin d'un doctorat en ethnologie pour l'apprécier, car Benito, avant d'être un éminent universitaire, a été un gosse immigré, parachuté dans les quartiers nord de Marseille dans les années 50, ce sur quoi porte le bouquin, alors j'ai répondu que bon d'accord, je voulais bien essayer.
 
Et c'est cet univers coloré, aux accents de savon et d'huile d'olive que Pelegrín nous conte, avec des arômes d'Espagne, son pays d'origine, où repose son père, opposant politique de Franco.

Le bouquin reprend en fait des chroniques diffusées dans divers journaux, enrichies et retravaillées. On découvre les difficultés quotidiennes d'une famille en acclimatation, les petites aventures des gens du quartier, élections, mariages, et prises de bec entre voisins.
 

Sur le fond, j'ai trouvé qu'on tournait en rond, la faute sans doute à la matière d'origine, l'auteur l'explique d'ailleurs sa volonté dans le prologue, ayant fait le choix d'oublier la reconstitution chronologique et de garder une « nébuleuse historique ».

Par contre, je dois reconnaître que la forme est époustouflante, la langue ciselée comme seul un amoureux des mots peut le faire! On ne sait plus si on lit de la prose où de la poésie, et finalement, l'histoire cède le pas à la sonorité, à la petite musique des phrases.

Pelegrín se noie, s'immerge dans les mots, dans les sons, décortique le parler sonore et parfois phonétique des Marseillais. Au-delà de l'histoire personnelle de l'auteur et du récit de son enfance dans les quartiers populaires qui a sonné un peu convenue à mon goût (c'était dur, on était pauvre, mais tout le monde était beau et gentil...), ce bouquin permet surtout au lecteur d'être le témoin privilégié de la fantastique histoire d'amour entre Pelegrín et la langue française!!

 

« Sur un ciel hachuré de grues, gribouillé du gris des fumées des usines, nouveaux clochers du culte de ces temples du travail, d'innombrables et gigantesques cheminées en brique ou en béton, les jours de novembre sans vent, arboraient, au bout de leur tronc, la frondaison ronde de leur fumée, plus souvent striée, filée et débitée en lignes parallèles blanches par le mistral. Oui, ces fameuses huileries, savonneries, sucreries, tréfileries, les silos tubulaires serrés comme des orgues géants et frileux, donjons vertigineux, grandes cathédrales de la religion du labeur pas encore désaffectée... »  

La chanson du jardinier

Une chose est sûre : Miss Lalli ne m'aura pas deux fois.

Après cet indigeste salmigondis policier, pas question de replonger dans cet univers brouillon, confus auquel je n'ai rien compris : c'est le premier et dernier bouquin que je lis de cet auteur.

M. Rao, le copropriétaire le plus odieux depuis que le concept d'immeuble existe à Bombay, a été retrouvé assassiné.

Comme cet horrible type se mêlait des affaires de tous, surtout pour y mettre le bordel et créer des conflits, la totalité des résidents est considérée comme suspecte.

Miss Lalli, 60 balais mais encore fringante, retraitée de la police de Bombay, prend à bras le corps cette énigme qui lui tombe dessus et entreprend de cuisiner ses voisins, en quête de la vérité.

Sur fond d'un poème absolument barré de Lewis Caroll, je me suis complètement perdue, incapable de me rappeler qui était qui, la multitude de personnages répondant à des noms impossibles.

Je n'ai même pas réussi à comprendre le mode de pensée de ces gugusses, à qui Rao fait les pires crasses (entre autres des vacheries qui poussent certains à demander le divorce ou à envisager des tests de paternité, on ne parle pas ici de petites broutilles de voisinage), et qui sont tous là, à pleurer la mort de cet emmerdeur de première, allant jusqu'à le regretter!!

Le roman m'a semblé bien trop long, pensum à la construction Agathachristesque, sympa quand on découvre le genre, mais qui finit par lasser.

Alors le plan "haha, vous avez tous les indices sous le nez, moi j'ai trouvé qui, pourquoi et comment, et vous?", avac la fameuse scène finale où tous les gens sont réunis pour écouter l'oracle, au secours!!!

Mort ou vif

Très étonnant que ce roman écrit en 1936, et pourtant d'une modernité absolue dans le style!

J'ai eu un peu peur de me retrouver avec un vieux polar à la manière d'Agatha Christie, bourré d'enquêteurs qui reniflent la cendre de cigarettes, analysent la psychologie du meurtrier et rendent leur verdict en assemblée plénière dans le dernier chapitre ; et bien pas du tout.

Meg O'Hara est une jeune veuve, encore que... pas tout à fait. Elle se persuade que feu son mari n'est pas mort et qu'il continue à la persécuter alors même qu'elle aspire à une paix méritée. Terrorisée, elle décrit à son meilleur ami Bill Coverdale, les événements curieux qui la mettent au supplice.

Bill, amoureux éconduit à l'époque au profit de O'Hara, s'enflamme aussitôt et décide d'en avoir le coeur net, tout heureux qu'il est d'être utile à sa bien-aimée, voire plus si affinités.

La pression monte en douceur, mais on ne lâche plus Meg, engluée dans un piège sordide et qui lutte pour sa vie, face à une bande d'escrocs patentés, rois du crime prêts à tout pour sauver leur peau.

Une excellente surprise que ce roman, et un grand coup de chapeau pour l'auteur morte en 1961, dont l'écriture n'a pas pris une ride!!

Dans la main du diable

Paris 1913. Une pure jeune fille en fleur pleure l'absence de son cousin et presque fiancé, parti il y a des années, voguer sans crainte dans les mers du sud et les pays exotiques.

Toute occupée à respirer des sels et à jouer du piano, Gabrielle manque défaillir lorsque le Ministère de la Guerre lui fait parvenir une vieille malle pourrie, qui se révèle receler trois colifichets, ayant prétendument appartenu à Endre, le cousin-fiancé. Qu'importe, Gabrielle se recueille sur ces vestiges et tamponne ses yeux de dentelle.

Un gratte-papier du ministère, semblant sous le charme de la donzelle, la recontacte et lui apprend que la mort de son fiancé-cousin est nimbée de mystère, que cela n'aurait pas été aussi simple que ce qu'elle pourrait croire, que certaines personnes pourraient en savoir plus qu'elles ne le diront peut-être pas... Emoustillée, notre pécore se met aussitôt en tête de mener l'enquête et se fait embaucher comme institutrice dans la famille Galay. En effet, un des rejetons, éminent scientifique nommé Pierre (déjà, bon, quand même, non? Et pourquoi pas Pierre Galay de la Roche?) dispose sans doute de renseignements précieux sur les circonstances étranges dans lesquelles est probablement mort Endre.

Sur des perspectives de conflit mondialo-mondial, on trouve de tout dans ce roman pansu : la condition des femmes, la révolution industrielle, le blues de l'émigré hongrois, les mouvements sociaux, les balbutiements du cinéma... le tout sucré comme un loukoum.

Malheureusement, Gab est une dinde sans cervelle, qui semble ne jamais se poser les bonnes questions, n'avoir aucun discernement et faire preuve d'un entêtement qui m'a donné envie de la claquer à maintes reprises. J'ai du mal à imaginer les femmes dans son genre prendre le pouvoir et faire marcher le pays entre 14 et 18 en l'absence des mâles...

Bien que le sujet se prête à du quasi roman d'espionnage haletant, l'intrigue avance à une allure de tortue malade et s'englue finalement entre les crises de conscience de l'héroïne, les descriptions interminables où le concept de métaphore prend tout son sens et un manichéisme des plus relou.. Bref, très décue par cette grande fresque qui se traîne en longueur et qui gagnerait largement à rétrécir d'un bon tiers.

Comme d'hab, j'ai cherché des critiques un peu plus élogieuses que les miennes, et il n'y a qu'à se baisser : toute la blogobulle est sous le charme de ce diable-là, qui m'a paru aussi vénéneux qu'un géranium!!

Chez Estampilles on se passionne, Floaimelesmots annonce qu'il est à lire absolument, Caro[line] est tombée sous le charme, Nina aurait même pu en lire 900 pages de plus...

Ah, on me signale dans l'oreillette que je ne suis pas seule au monde car Laure a laissé tomber à la p70 et que comme moi, Laëtitia aurait bien taillé dans la masse...

Le jour ou Nina Simone a cessé de chanter

Darina est une herbe folle, une plante sauvage, élevée au Liban par un père pour qui morale et religion ne sont synonymes d'oppression et d'obscurantisme. La jeune fille, au contraire de ses frangines, prend pour argent comptant les préceptes de son papa adoré et ne fait que ce qui lui plait.

Même lorsque la guerre pointe son vilain museau sur Beyrouth, Darina entend ne rien changer à sa vie et tente de perpétuer son mode de vie étudiant : fiesta, alcool, drogue, sexe et cheveux aux vents. 

La survie à Beyrouth se complique, et la famille est souvent obligée de déménager en catastrophe pour échapper aux bombardements qui détruisent le pays peu à peu. Lorsque les premiers extrémistes débarquent au milieu du chaos, Darina ne sent pas le vent tourner, et elle va payer très cher cette volonté de liberté totale.

La pièce de théâtre qui a donné naissance au bouquin a eu beaucoup de succès, et nombre de lecteurs ont été emballés par le bouquin (trouvés au hasard du net, les billets enchantés des bibliothèques de Genève, de Brume, de Nina, de Malice).

Pour ma part, j'avoue avoir été franchement déçue, et ce sur tous les plans : la forme n'est pas assez aboutie, un peu brouillonne et parfois décousue.

Quant au fond, je n'ai pas été émue pour deux ronds (mais bon, faut dire que je suis sans coeur) par l'histoire de cette jeune fille car deux éléments m'ont perturbée : quel est ce père qui se prétend amoureux de la liberté, et qui se contente de fourrer dans la tête de sa fille ses idées personnelles? Que peut-il lui advenir d'autre que de grandes souffrance et de cruelles désillusions lorsqu'elle applique au pied de la lettre cette "enseignement" en méconnaissance totale de la société et de l'être humain? Alors que ses parents sont des intellectuels, elle ne présente pas le premier soupçon de réflexion sur le décalage entre sa façon de vivre et celle qu'imaginent les tordus qui prennent peu à peu le pouvoir, et attend de se retrouver dans une situation plus qu'inconfortable pour se dire qu'elle devrait mettre les voiles...

Breeeeef, je n'ai pas du tout ressenti ce livre comme ce qu'il est supposé être (la lutte d'une femme pour sa liberté dans un contexte totalitaire, intégriste), mais j'y ai vu une fille victime de sa non-éducation qui comprend bien tard qu'elle ne vit pas au pays de Mickey... 

Voix de garage?

 

Lorsque j'ai postulé pour donner ma voix chez Audiolivres, j'avais un trac fou : je me suis dit ma fille, avec l'organe que tu as, ils vont te cantonner à des manuels techniques !

 

Et pis non, finalement, le très sérieux « comité » a décidé que j'étais apte à lire les plus grands noms de la littérature pourvu qu'ils bouffent les pissenlits par la racine depuis un petit moment, droits d'auteur obligent.

 

L'idée, c'est de prendre un peu de temps pour enregistrer un roman, une nouvelle, un poème dans le but d'une diffusion grand public, à destination privilégiée des mal et non voyants.

 

Comment ça marche ?

Vous décidez que vous trouverez bien 20 minutes par jour, par semaine ou par mois pour lire un bouquin à haute voix, vous postulez avec un petit bout d'essai à envoyer par mail (vous n'avez besoin que d'un micro et d'un ordi pas trop pourris, le logiciel est gratos). Une fois adoubé par le comité, vous choisissez une œuvre et roule ma poule, vous envoyez vos fichiers mp3 à Audiolivres, qui se charge de les diffuser via le site.

Vous pouvez même proposer vos oeuvres persos.

 

Vous trouverez toutes les infos sur le site audiolivres.net, et en cas de besoin, le big boss Didier vous transmettra des informations supplémentaires.

 

Personnellement, je trouve marrant et sympa de redécouvrir des bouquins comme Croc Blanc ou Le Livre de la Jungle, et vous verrez qu'on se prend au jeu.

 

J'ai un faible pour les romans, bien que je ne sois pas sûre que quiconque puisse supporter de s'entendre raconter une histoire de 400 pages avec la voix de Marge Simpson ;-)

 

Toutefois, Didier the boss ne m'a pas encore signifié qu'il fallait que je leur lâche la grappe, alors bon, je continue à lui infliger mes mp3 régulièrement!!!

Laetitia aussi vocalise chez Audiolivres. Si le coeur vous en dit, lancez-vous et vos lectures rejoindront les 238 livres déjà en ligne!

The salon

 

Vous aviez déjà eu l'occasion de constater que je ne vaux rien comme journaliste en lisant le billet rédigé à la suite de mon passage au Salon du livre l'an dernier.

Je ne vais pas essayer de vous faire croire que j'ai progressé...

Cette année, c'est même pire : je n'ai acheté aucun livre.

J'ai en fait eu la chance de choper des invits, mais cette fois pour la soirée d'inauguration, le jeudi soir.

Je vous propose de vous faire un petit comparatif des deux visites, parce que croyez-moi selon les objectifs que l'on se fixe, faut pas se tromper de jour!

 

 

L'an dernier

Cette année

Ils étaient là :

Des lecteurs, des politiques, des vedettes de la télé, des zoteurs, des badauds, des snobs, des intellos, des libraires, des blogueuses, bref, du beau monde.

Des hordes de furies affamées et assoiffées, des meutes de grillons urbains, des sauterelles dévoreuses, des blogueuses alcoolisées, bref, du beau monde.

Sur les stands...

Des bouquins, des bouquins et des bouquins...

Au mieux : des petits fours, des pains surprise et du champ'

Au milieu : des chips et du jus d'orange

Au pire : des miettes et des godets vides

J'ai mangé...

Un truc pas bon et trop cher dans un des immondes troquets qui cernent les stands.

Avec difficulté : pas évident de se frayer un chemin parmi des légions de ventres!

J'ai vu :

 

Des zoteurs, des vedettes de Récré A2, des soeurs de dame météo, des patineurs artistiques, des comiques téléphoniques, des présentateurs télé et...

Bernard Werber.

Majax (!) : mais siiiiiii, sa tête me dit quelque chose, une vedette de la télé, tu sais bieeeeen..

Philippine Leroy-Beaulieu : mais siiiiiiii, tu sais, celle qui joue dans 3 hommes et un coufin...

Alain Mabanckou (qu'on m'a signalé, hein parce que je suis nulle en tête d'auteurs), et...

Bernard Werber.

J'ai bu...

De l'eau du robinet à l'arrach' dans les waters

Beaucoup trop de champ, généreusement offert par les Editions La Découverte...

J'ai loupé

Les Frères Bogdanov, tout en chaussures et en menton... Erreur à moitié réparée car j'ai aperçu l'un d'eux cette année!

Nicolas Demorand, cloué au lit par la maladie m'a-t-on dit...

J'ai ramené...

Des bouquins, des dédicaces et des photos.

Un bon mal de crane, un bouquin quand même et une poignée de main de Nicolas Cauchy.

J'ai découvert Que Debré ne portait que des chaussettes en fil d'écosse, que Nothomb ne supportait pas les photos au flash et que Chattam était mûr pour l'émission "change de look".

Que La Découverte ne publie pas que des livres pour les scolaires et les méga intellos, qu'il est encore possible de fumer dans les lieux publics, que des gens sont prêts à tuer pour un canapé au saumon.

 Je remercie Caro, ma bienfaitrice  Caro ma bienfaitrice

 

Et pour terminer, un petit point sur mes acquisitions de l'an dernier :

Donc, pas mal en fait!!

A l'année prochaine, amigos! 

Même les anges ont du sang sur les ailes

« Par définition, un lecteur, c'est tout sauf un con ».

Pétrie d'objectivité, je suis intimement persuadée que cet auteur a raison. Et à ce titre, je trouve donc la ficelle un peu grosse, je me dis que s'il flatte aussi impunément ses lecteurs dès la première page du bouquin, c'est qu'il a quelque chose à se reprocher, que sa conscience d'auteur ne doit pas être très nette.

Je ne suis pas timbrée de la dernière levée, et derrière son « je vous donne la matière première, et vous brodez autour », je sens arriver la grosse feignasse, qui n'avait pas trop envie de se creuser le citron et qui va me planter une fin ouverte comme je les déteste, tout ça parce que Môssieur n'a pas pris la peine de savoir où mène son histoire.

Et bien pas du tout. Parce que ladite matière première est tellement riche, que point n'est besoin de se torturer les méninges pour savoir où tout ça va nous mener... Les histoires d'amour finissent mal paraît-il, mais qu'en est-il de celles qui commencent pas fort? De ces personnages déjà cabossés et qui n'attendent pas vraiment grand-chose des 60 années qui leur reste?
Flajac écrit la vraie vie, celle de deux amoureux, deux amants dans leur intégralité : pas seulement des personnages de papier qui se sourient entre qui se tiennent par la main mais surtout des humains tout en peaux, en odeurs, en désirs.
Il réussit à ne jamais être vulgaire, ni voyeur. Simplement on est avec ces deux-là, on vit avec eux, on se balade avec eux, on couche avec eux, on meurt un peu avec eux quand on les quitte, après seulement 100 pages d'immersion totale.

Si vous n'étiez pas déjà absolument convaincu, j'ajouterais que Flajac est Belge (je sais, c'est idiot, mais ça le rend sympathique à mes yeux), qu'il vit à Paris et que son roman est édité par le Somnambule équivoque. Ça claque comme nom, pensez pas?