Cochon d'Allemand

 
Cochon d'allemand, c'est le gentil refrain qui a bercé toute l'enfance de l'auteur. Né de mère allemande et de père danois à quelques encablures de la fin de la deuxième guerre mondiale, le malheureux Knud devient la tête de turc de ses adorables camarades d'école qui lui pourrissent littéralement la vie. Dans la petite ville de Nykobing tous et toutes sont hostiles à la prussienne (forcément nazie) et à sa famille et cristallisent leur haine de l'Allemagne sur la seule représentante qu'ils aient sous la main. Un boulot de longue haleine qui va faire de chaque souvenir d'enfance de Romer une nouvelle humiliation, une vexation supplémentaire. 
 
La construction du bouquin est assez étrange : point de chapitre mais des anecdotes, sans fil conducteur, qui se succèdent, relatant l'enfance de l'auteur, mais aussi celle de sa mère, l'histoire de ses grands-parents. Le tout est assez décousu à lire mais forme curieusement un bloc compact : les racines et les origines de Knud Romer.
 
Malgré une écriture très agréable, je me suis complètement satellisée dans l'histoire familiale : j'ai confondu les Allemands et les Danois (!), l'histoire du père et celle de la mère, et je ne parvenais plus à différencier la branche paternelle de celle maternelle, tout se mélangeant dans mon esprit. Ce qui me rassure, c'est que Bernard, qui officie sur le blog des livres, s'est également perdu en route, sauf qu'il a aimé, lui.
 
En fait, pour tout vous avouer, ce roman m'apparaît plutôt comme une façon pour l'écrivain d'exorciser son horrible enfance, ce qu'il fait avec style, recul et humour. Mais pour le lecteur? On a confirmation que les gens (adultes et enfants) sont bêtes et méchants, et qu'une bonne guerre fait ressortir les pires côtés de l'humain. Bon. Rien de bien nouveau sous le soleil.
 
Je me dis quand même que je suis passée à côté à cause d'un défaut d'attention : je ne me suis pas vraiment plongée dans le bouquin, j'ai mis longtemps à le terminer (alors qu'il n'est vraiment pas épais). La meilleure preuve, c'est que j'ai réalisé après avoir lu plus de la moitié de l'opus que Knud était réellement le prénom de l'auteur, et pas un petit nom affectueux donné par sa grand-mère (désolée, mais moi, j'ai du mal à imaginer qu'on puisse appeler un bébé Knud). À la masse, je vous dis…
 
Du côté des liens, vous pouvez aller faire un tour chez Gambadou (un peu largué aussi), sa note vous menant à son tour chez Antigone, Lily, Malice ou Cathulu.
Anne-Sophie, de la Lettrine, a beaucoup aimé, ainsi que Wrath.

 

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