Il n'est pas question de se sentir obligé de trouver cela génial, rien de plus énervant que le consensus...au contraire même, ajouterai-je, il me parait que Despentes est plutot massivement décriée, que ce soit par l'infime tranche des gens qui la lisent, à fortiori par ceux qui ne veulent pas la lire. En cela, il est facile de prendre des citations grossières en les décontextualisant : le lecteur lambda s'imagine que cette grossièreté est gratuite et à fashion. Que nenni, c'est ignorer qu'on a affaire à un roman, fictif, que la citation est celle d'un personnage, personnage qui correspond bien à une époque, qui n'est plus l'époque des amours bucoliques de Ronsard pour Cassandre Salviati par exemple...Je veux dire par là que l'on ne doit pas oublier un point essentiel de poétique du récit : virgine est une romancière, qui donne la parole à des personnages, et que son référent est actuel et sociétal. Bien. Ce bouquin m'a plu car il est d'époque, dérangeant, et intelligemment écrit. Sans même juger le style en le connotant, il y a un style Despentes, c'est tout ce que la postérité demandera en définitive, le style despentes, dans les pages 21ième siecle des ouvrages d'histoire littéraire...Lire un livre et l'apprécier à sa juste valeur nécessite une double approche (en plus de celle, légitime, de l'objectivité) : une lecture "trop près" de myope, qui questionne le rapport fond et forme, et une lecture "trop loin", en regard d'une production littéraire bien souvent formatée. Je ne sais pas moi, mais ca m'a surpris qu'une femme, écrivaine de son état, ait un style sordide et un univers aussi noir. C'est intéressant ne serait ce que pour une approche, très en vogue, dite de "gender study" : qu'est ce qui fait la femme ou l'homme dans le style. Marie Darrieussecq se pose la question, en analyste (pas en tant qu'auteur...encore que, forcément se la pose t'elle aussi à ce niveau là de son activité) : une femme doit elle écrire proprement? Faut il légiférer l'écriture à une époque donnée, et dire que si on trouve les mots "bite" et "couille" comme vous le faites pour résumer rhétoriquement votre parti pris d'une lecture cursive (à mon sens!), doit on dire que c'est une bouse?...Vous savez, Baudelaire et Flaubert, on leur a fait un procès moral de cet ordre là à leur époque...mais aujourd'hui, on ne peut exclure ces deux noms de notre patrimoine historico culturel. On peut trouver que c'est de la bouse, ou pas. Moi pas. Vous peut-etre, et c'est légitime, donc aucun souci. Mais bon, parler de Despentes comme de JM Bigard, ca a le don de m'agacer, comprenez.Bien à vous,MF 


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