Véritable histoire du gang Kelly

 

J'annonce de suite que je suis super à la bourre vu que Cuné, Llisa et Eireann ont déjà posté leur commentaire sur ce bouquin... Mais je ne les ai pas lus pour ne pas être influencée!

En fait, je pense avoir été victime de la justice céleste, car j'ai rédigé la critique au boulot... et j'ai oublié de transférer le fichier en partant... Bien fait pour moi!

Donc, vous devez maintenant savoir de quoi cause ce roman : il s'agit de la biographie de Ned Kelly, chef du gang éponyme. Ce brigand australien légendaire raconte les événements de sa vie qui l'ont conduit à devenir un chef de gang recherché à travers toute l'Australie.

Ned est issu d'une famille irlandaise, venue en Australie pour devenir des paisibles éleveurs et agriculteurs. Malheureusement, le caractère irlandais s'accommodant mal de la persécution systématique des forces de l'ordre - souvent au services des gros propriétaires terriens - à leur encontre, les membres de la famille passent plus de temps en prison que dans les champs. Les familles vivent alors chichement, entre petits travaux et vente illicite d'alcool.

Dans ce climat et malgré son désir de vivre paisiblement, Ned devient le grouillot d'un fameux bandit de grand chemin, qui lui enseigne les rudiments du métier... Le retour à la vie normale n'est plus possible pour l'adolescent, qui, entre trahison, malentendus et commérages, descend petit à petit la pente qui le mène à être un hors-la-loi recherché par tous les cognes du pays.

Ayant vent des racontars qui circulent sur son compte, horrifié par la version des faits qu'il lit dans les journaux, Kelly décide de coucher sur le papier sa vraie histoire, et la destine à sa fille, qu'il ne connaîtra jamais.

Si vous avez grandi au son des aventures de Robin des Bois, Guillaume Tell et Ivanhoé ; si vous aimez les romanesques bandits de la littérature populaire comme Mandrin ou Cartouche, vous adorerez Ned Kelly!! Transposez l'intrigue au pays des kangourous et des wallabies et le roman se mue en un western coloré et bon enfant, un régal!

Ce roman est vraiment particulier, notamment parce que :

- Ned est un paysan inculte, qui écrit comme il parle. Il n'utilise pas la virgule, et il faut souvent reconstituer la ponctuation dans la phrase, mais j'ai trouvé que cela donnait une vraie vie au texte.

- Malgré tout, il se refuse manifestement à écrire des injures et les gros mots sont souvent remplacés par des points ou carrément le mot épithète, ce qui donne des tournures du style : "Rien à f----e des bottes de ton père je vais t'acheter des épithètes de f----e de bottes à élastique."

- Les chapitres du livre sont chronologiques, et racontent des phases de la vie des Kelly, au fil des différents manuscrits que Ned a laissé derrière lui.

Ne sachant pas du tout sur quoi j'allais tomber, j'ai adoré suivre les péripéties de ce malheureux gang, qui tiennent parfois plutôt des Dalton que de la bande à Bonnot... On ne peut s'empêcher de se prendre de sympathie pour ces jeunes paumés, qui sont devenus des symboles de la résistance contre l'empire britannique.

Un roman que j'ai beaucoup aimé, picaresque et haut en couleurs, comme l'illustre bien la photo, représentant les Kelly dans leur armure home made (crédit photo http://www.erth.com.au/roving/kellygang.shtml).

 


Mais non tu n'es pas à la bourre, on est toujours le 12, pas de problème !! :-DJe suis pour l'instant celle qui a le moins aimé, mais vous vous êtes régalés, c'est le principal !



C'est vrai que ca donne envie de le lire. J'adore comme vous les perso hauts en couleur également, et les styles mimétiques de la personnalité décousue de celui qui raconte. D'ailleurs, je remarque que l'attrait de la littérature picaresque est aussi dans cette compassion/fascination que renforce le coté pathétique des perso. Littérature marrante qui se veut violente, c'est toujours sympa. Comment ne pas se la péter dans ces cas là, et recommander à ceux qui ne connaitraient pas, de lire les aventures de Gil Blas de l'écrivain Lesage (18ieme siecle), mais aussi les récits de John Muir (que m'évoquait votre précédente critique d'ailleurs, sur les braves gens ne courent pas les rues). Tout ca m'a donné envie de revoir Barry Lyndon aussi. Merci pour cette émulation mademoiselle, et pour ce conseil de lecture! Bonne semaine.Respectueusement,MF


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