Les mystères de Madrid
Décidément la littérature espagnole se révèle pleine de délicieuses surprises à mes yeux ignares !! Après le choc de la révélation que fut L’ombre du vent, qui a consacré Ruiz Zafon comme l’un de mes auteurs hispaniques favoris – devancé d’une très courte tête par Perez Reverte, eu égard au plus grand nombre de bouquins publiés – me voici absolument conquise par Antonio.
Cela dit, il suffit de me fait rire pour que je m’enchante pour un bouquin… Et c’est le cas de ce roman absolument truculent. Pourtant, le contexte est dramatique : on a volé le Divin Christ à la Tignasse, relique phare d’un petit village du sud de l’Espagne, qui vit au rythme des processions religieuses de la semaine sainte, sur lesquelles règne régnait cette statue sacrée.
Serait-ce l’acte d’une confrérie rivale, jalouse de l’aura du Divin Christ, et souhaitant que sa propre relique devienne number one ?
C’est ce qu’est chargé de découvrir Lorencito Quesada. Ce vieux garçon dévot, confit dans un emploi subalterne de vendeur et qui vit chez sa vieille mère, est dûment missionné par le mécène de l’église, l’homme le plus riche de
Emboîtez le pas au malheureux Lorencito dans une quête échevelée, rocambolesque et complètement disjonctée, narrée avec brio et une ironie décapante. J’ai lu sur un site espagnol que cet anti-héros était comparé à Candide, mais pour m’être ennuyée ferme à la lecture de Voltaire, je suis plutôt d’avis qu’il s’apparente à Wilt, le personnage de Sharpe.
Nota : Malgré le fait que je sois peu regardante sur les approximations de traduction, je n’ai pu m’empêcher de tiquer à 3 reprises, d’autant que cette petite merveille est éditée par Actes Sud, honorable et grande maison s’il en est :
- p 51 : « Allons Quesada, ne pique pas un phare ! »
Diantre, moi qui croyais qu’on piquait plutôt un fard… aurais-je découvert le poteau rose ?
- p 100 : « … St Pancraca, Ste Gemma et Ste Rite »
- p 144 : « le taxi enfila en trombe le paseo de Recoletos, passa au jaune les feux de l’esplanade d’Atocha… »
Mouais, j’ai jamais vu de feu de couleur jaune, pour ma part, l’orange est parfois plutôt sanguine…
Mais bon, je pinaille, et ces quelques maladresses n’ont absolument pas entaché le grand plaisir que j’ai eu à découvrir cet excellent auteur!!!
Il est noté celui-là (sauf qu'il est indisponible chez Amazon, pas de bol).
Oui, j'ai vu, et j'ai trouvé ça inouï!! Je ne peux même pas te l'envoyer because je l'ai emprunté à la bib, c'est dommage!
Un livre truculent sur une ville que j'aime beaucoup... comment ne pas craquer !
Alors si tu connais la ville, tu vas encore davantage aimer parce que tu vas situer l'action, et je trouve que ça rajoute vraiment une dimension supplémentaire aux bouquins que de savoir où se déroule l'intrigue ;-))
Du même auteur, j'ai lu il y a un certain temps "Pleine lune", que j'avais trouvé très bien, mais plutôt dramatique, contrairement à celui-ci...
Il me plairait bien, je pense !
Je découvre pour ma part, mais il est sûr que je ne vais pas en rester là, le plus difficile étant peut-être de trouver les bouquins! Je note donc ton titre de ce pas, et te garantis une bonne tranche de rigolade avec Lorencito
Ma ville préférée (j'y ai vécu un an) !! Je note précieusement :)
C'est marrant, j'y ai aussi habité un an ;-) Oserais-je avouer que j'ai quand même une légère préférence pour Barcelone?
Pour autant, les lectures qui me replongent dans l'ambiance de Madrid me font toujours un petit frisson...
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