La femme en vert

 
 

Je dois commencer à m'habituer à l'univers étrange d'Erlandur, car cette femme en vert m'a donné moins de mal que La Cité des jarres. Peut-être aussi est-il plus accessible. On apprend petit à petit des bribes de la vie perso d'Erlendur alors évidemment, si on commence par la fin comme je l'ai fait, ça gâche un peu le plaisir.

 

À l'honneur cette fois, un cadavre qui date de 50 ans, dont le repos est troublé par les pelleteuses qui creusent les fondements d'une maison. Et nos enquêteurs de s'entourer d'une équipe d'archéologues (rien que ça) qui va s'attacher à déterrer le squelette avec la plus grande minutie.

Pendant ce temps, Erlendur & Co compulsent des archives, interrogent des presque-morts, scrutent les groseilliers, cuisinent des encore-vivants-mais-pas-pour-longtemps-magnez-vous, bref, on remonte le temps à la recherche d'événements tragiques pendant la seconde guerre mondiale. C'est aussi pour ça que je suis mieux entrée dans l'histoire : la guerre, les GI, le marché noir sont des notions qui me parlent davantage.

En parallèle se déroule le récit des acteurs du drame (un peu comme si on brulait une chandelle par les deux bouts), pour en arriver à la journée qui a vu tout basculer. Finalement, l'enquête de police est secondaire, puisque le drame est consommé depuis des décennies, le mal est fait et les esprits sont marqués à jamais, et ont passé une existence achoppée sur cette tombe, sans possible rédemption.
 
 

On y découvre une société dure, misogyne, aux croyances parfois plus proches du moyen-âge que du XX siècle. La construction est parfaitement maîtrisée et entretient un suspens de rigueur, jusqu'au dénouement final, où les deux histoires se rejoignent.

 

Alors, pour faire un bilan, ce n'est quand même pas le polar du siècle, et je me lasse décidément du climat pluvio-neigeo-brouillardo-hivernal qui semble réfrigérer les insulaires toute l'année ; je n'arrive pas à mettre un visage sur Erlendur, dont la personnalité m'échappe comme un poisson glissant.

Et pourtant… je vais lire les autres volumes de la série parce que je voudrais bien en savoir plus sur Erlendur et sa fille Eva Lind ; et c'est bien la première fois que mon intérêt pour les personnages dépasse celui de l'intrigue pure et dure. Aurais-je été maraboutée par un gourou islandais??

 


J'ai pour ma part été maraboutée - j'ai déjà lu les quatre sortis en français ;-)
Pour reprendre ce qui était dit dans les commentaires de "la cité des jarres", je trouve qu'on ressent en effet l'ambiance islandaise (j'y ai été il y a quelques années).
Et pour ce qui est des noms/prénoms, ils ne font pas comme chez nous !




Ah, intéressant, je vois que le sort jeté par cet étrange série fonctionne aussi sur d'autres, tant mieux pour la promotion de ce pays non moins étrange.



j'ai aussi trouvé cette lecture dure, très, horrible même, et ça m'a beaucoup perturbé, néanmoins je suis d'accord, l'écriture est maîtrisée, des pauses ménagées