Jours de pluie à Madras vs Le pays des marées

On dirait que vous partiriez en vacances, que malgré une PAL obèse, vous auriez envie d'acheter des bouquins, et que, perdu dans les rayonnages de votre libraire préféré, vous hésiteriez entre Le pays des marées, et Jour de pluie à Madras. Ah oui, parce que vous auriez aussi envie de lire un roman indien.
Si c'est possible, ne soyez pas rabat-joie.
C'est votre jour de chance : j'ai lu les deux, et je m'en vais de ce pas vous en faire une pitite critique groupée. C'est une nouveauté en magasin : l'analyse transversale mettant en exergue des thématiques communes et des discordances flagrantes... Ha, nan, je déconne!!
En fait, j'ai adoré l'un et pas l'autre. Voilà toute l'histoire. Pourtant en y réfléchissant, les deux bouquins ont pas mal de points communs, mais l'un est aussi réussi que l'autre est soporifique!
Au premier plan, deux indo-américaines : la scientifique Piya qui débarque dans le Bengale, au nord-est de l'Inde pour y trouver la trace d'une espèce particulière de dauphins d'eau douce, et Layla qui rentre à Hyderabad se marier avec le prétendant choisi par sa famille.
Piya découvre les Sundarbans, une région magique et maléfique, peuplée par les tigres et les crocodiles amateurs de chair humaine. Au bout de nulle part, entre fleuve et mangrove, marées et brouillards, légendes millénaires et réalités quotidiennes, Piya se laisse envouter par les hommes et le pays. Fokir et Kanaï, deux hommes présents dans cet univers empreint de mystère, vont la pousser à s'interroger sur le sens de sa présence dans le pays, le sens de sa quête et de sa vie.
Au cœur du Bengale, la religion se mue en une foi enfantine à l'égard de la déesse Bon Bibi, la nature est décrite si intensément que tous ses éléments ont une force redoutable, qui ballotent l'humain comme un fétu de paille, une marionnette tour à tour jouet du fleuve, de l'ouragan, de la végétation ou des animaux. Même les histoires d'amour ont une dimension intemporelle, un dépouillement qui les rend universelles.
Au contraire, Layla est engluée dans une impasse, où la religion est un carcan, voire un motif de combats sanglants entre musulmans et hindous. L'atmosphère est glauque, pesante et le récit trèèèèès lent. On a envie de lui mettre des baffes tellement elle est mollassonne, indécise et crédule. À la révélation du secret de son mari, elle tombe des nues alors que ça fait 200 pages qu'on voit arriver le truc, et les circonstances sordides dans lesquelles le masque tombe ajoutent une couche à l'ambiance déjà pas folichonne.
En contrepoint, l'espoir d'une nouvelle vie aux États-Unis semble s'effilocher, et les protagonistes n'y croient même plus alors que le passé colonial de l'Inde et son héritage britannique sont autant d'éléments romanesques dans le Pays des Marées, et qui ont contribué à la richesse de la contrée.
Vous l'aurez compris, je vous recommande Le pays des marées, qui vous émeut, vous transporte, vous ensorcelle, au lieu de Jours de pluie à Madras, plombant comme un crachin de novembre!
Moi qui venait justement de noter l'autre titre car quelqu'un avait aimé! Du coup, je ne sais plus quoi faire (je sais, je suis une éternelle indécise!!!) Mais je comprends paaaaaaarfaitement l'idée d'acheter deux bouquins quand la pile déborde, ah, ça oui!!!
Si tu retrouves cet avis positif, je serai ravie de le mettre en lien. Pour ton choix, je ne vois qu'une solution : fie-toi à l'instinct ;-)
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