Les foulards rouges

 

Le roman historique n'est que la deuxième spécialité de cet auteur, mort il y a quelques mois. Pape du neo-polar, il s'est lancé sur le tard dans la fresque historique et publie en 2000 Les foulards rouges qui sera récompensé par 3 prix.

 

Les fameux foulards rouges sont une bande de loyalistes à la couronne de France, dévoués à Mazarin et donc fâchés à mort avec la Fronde.

Emmenés par Nissac, superman arborant rapière et chapeau à plumes, dont le pedigree se décline sur 183 générations, et dont les qualités ne se comptent plus : Nissac est beau, courageux, escrimeur hors pair, loyal, rusé, intelligent, stratège, il connaît de surcroit les vertus de l'hygiène corporel et se lave une fois par jour et développe des idées égalitaristes qui semblent bien en avance pour l'époque.

Mandaté par Mazarin, il recrute des compagnons à son image, et tous s'en vont vaillamment, battant la belle ville de Paris à la recherche des félons dans le noble but de leur pourrir la vie : piquer leur sous pour renflouer les finances royales en berne, faire sauter leurs réserves de poudre ou trucider leurs meilleurs éléments dans des duels à l'épée.

Mais Nissac et sa bande traquent également à leurs heures perdues le vilain "écorcheur", qui réduit de belles jeunes filles à l'état de carcasse de boucherie. 

Ce superhéros est fatigant de perfection, frôlant la caricature en permanence. On donnerait cher pour qu'un coup d'épée malheureux l'estropie à jamais, où qu'un boulet lui emporte la moitié de la figure, pour voir s'il ferait encore le malin. Mais c'est lorsque ce vœu est exaucé qu'on se rend le mieux compte combien Nissac est homme extraordinaire…

Évidemment, lui est accolé son alter ego féminin, Mathilde de Santheuil, prude orpheline qui ne tarde pas à se pâmer devant le guerrier chapeauté, et qui intègre aussi sec la guilde des redresseurs de torts, aux cotés de son vaillant amoureux. 

 

On trouve de tout dans ce roman : de l'Histoire, du polar, du roman d'amour, du contre-espionnage, des jésuites et même des drakkars vikings dans les égouts de Paris… n'est-ce point trop? 

Dans son souci de coller à l'époque, l'auteur pousse le perfectionnisme à utiliser les tournures désuètes du genre : "il faut l'aller quérir sur le champ", et abuse du remplacement de "dans" par "en", ce qui donne des phrases comme : "en le peuple, les choses ne se passent point toujours ainsi…" qui a fini par franchement me taper sur les nerfs. 

En dehors de ces petits désagréments tout de même irritants au bout de 564 pages, le roman est plaisant et bien écrit, m'enfin pas de quoi grimper aux rideaux!

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