Le blason de Lord Blandamer

Le blason de Lord Blandamer ou comment retomber dans mes pires cauchemars de littérature au collège.

Parce que oui, je fais partie de ceux qui ne supportent ni Balzac ni Stendhal, et, à ma grande honte, je n'ai jamais pu finir ni Le père Goriot, ni Eugénie Grandet ni Le Rouge et le noir (malgré trois tentatives pour ce dernier).

 

Le blason de Lord Blandamer m'a replongée dans cette écriture du XIX que je déteste, où de longs paragraphes sont consacrés à la moralité de l'héroïne, aux réunions de charité de la vieille tante méritante, aux atermoiements de l'amoureux transi et à la philosophie indigeste de l'époque, coincée entre bigoterie et respect des valeurs et des classes sociales à vous coller une bonne diarrhée. 

 

Westray, naïf petit architecte vient s'embourber à Cullern – bled de la campagne anglaise – dans le but de procéder aux réparations de l'église, mise à mal par des années de négligence. Dès son arrivée, il a conscience de l'ambiance étrange du village, sur lequel le blason des nobles du coin, les Blandamer, plane comme une aura maléfique. Pétri de principes et sûr de son statut social, Westray est d'un ennui mortel. Il n'a pour ami que l'autre locataire de la pension où il s'est échoué : un vieil organiste alcolo persuadé que le dernier des Blandamer est un imposteur, occupé à prouver ce qu'il avance.

 

Pendant que Westray-le-godelureau succombe aux charmes de la nièce de la vieille logeuse, l'organiste meurt dans des circonstances inattendues puisque la cirrhose l'épargne et qu'il fait une chute. Voilà notre gandin reprenant à son compte l'enquête de son ami défunt.

 

Naturellement, ce qui a l'air ici passionnant est barbant au possible : totale absence de rythme, métaphores à trois sous, leçons de morale à toutes les sauces, bref : un salmigondis indigeste et périmé de longue date, qui devait déjà être vieillot lors de la première guerre mondiale.