Éloge de la pièce manquante
Déjà bluffée par les Falsificateurs, Bello réussit une nouvelle fois à me surprendre avec ce polar complètement atypique. 48 chapitres, 48 morceaux de puzzle, 48 indices et une solution au bout.
On cherche un assassin : qui décime le monde du puzzle? Qui s'amuse à découper un membres à chaque victime et à le remplacer un polaroïd?
À travers les chapitres qui s'égrènent, tantôt articles de presse, tantôt lettres personnelles ou encore minutes des assemblées de la Société de puzzlologie, l'auteur sème le trouble ou les indices, ouvre des pistes réelles ou fausses.
Il n'y a pas d'enquête au sens habituel du terme, pas de flic, pas de nouveau meurtres en cours de route. Tous les éléments sont là dès le départ et le lecteur doit se taper tout le boulot et assembler lui-même le puzzle sur la base des pièces qu'il a en main.
D'ailleurs, j'ai eu peur d'être laissée en plan à l'issue des 48 chapitres : tu as toutes les cartes en main, tu te creuses un peu la soupière et tu trouves la solution toute seule, lectrice. Mais non, finalement, point besoin de se remuer les méninges. D'ailleurs, comment aurais-je fait sans la pièce manquante? Comment terminer l'ouvrage?
Bello se fait plaisir en inventant de toutes pièces (haha) l'univers du puzzle de compétition, et étoffe sa création dans les moindres détails, entremêlant des éléments de la vraie vie, comme la société Ubiqus, qui existe réellement et dont il a été un des fondateurs.
Entre ses main le puzzle devient un monde impitoyable où les passions se déchainent, les champions s'entraînent pour gagner, les investisseurs cherchent le profit et les dénicheurs de talent sillonnent l'Amérique pour y trouver la perle rare, capable d'assembler les 520 pièces du Keeper of the flame en moins de 20 minutes.
Pourtant, péchant par excès de perfection, il en vient à nous infliger des passages ennuyeux comme la construction / déconstruction d'un mur en parpaings, certes symbolisant la décadence de la Société de Puzzlologie, mais longuet et indigeste.
Le final est un peu sanglant, en tout cas déconcertant car en décalage avec les chapitres précédents : comme lorsqu'après une demi-journée passée dans le confort silencieux d'une bibliothèque fleurant bon la poussière et les archives on se retrouve en plein soleil, dans le bruit et la fureur d'un grand boulevard.
Davantage un exercice de style qu'un vrai roman, L'éloge de la pièce manquante est une rareté, un Objet à Lire Non Identifié, une bizarrerie…
Autre tueur, autre puzzle : la saison 1 de Dexter, à regarder en parallèle de votre lecture où l'assassin découpe ses victimes en morceaux…
J'avais bien aimé ce livre qui effectivement tiens plus de l'exercice de style que d'un roman traditionnel. L'idée de ces championnats de puzzle est saugrenue mais bizarrement ça fonctionne...
Bivouac littéraire sur http://poetaille.over-blog.fr
Venez comme vous êtes !
J'ai beaucoup aimé ce livre et trouvé que même les passages ennuyeux se justifiaient à la fin. C'est très brillant.
(Damned, un filtre anti fâcheux qui me fait faire du calcul mental à 23H22 !!!)
Brillant, en effet, ça convient pas mal : cet auteur se décarcasse pour écrire ses bouquins et trouver des idées qui sortent de l'ordinaire.
Par contre, pour ce qui est des passages ennuyeux, j'avoue, que j'ai lu vraiment en diagonale la construction du mur en parpaings...
Désolée pour le filtre, mais il a changé ma vie ;-))
bon, encore un bouquin à ajouter à ma liste au père Noel ! Pfeuhhh, il va être chargé cette année (surtout que j'ai été vachement hyper sage)
Bon, eh bien j'ai cité ce message chez moi... On verra bien si le Père Noel m'entend... ;o)
J'ai vu ton article. Alors, il a été cool le PN?
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