Dans la main du diable
Paris 1913. Une pure jeune fille en fleur pleure l'absence de son cousin et presque fiancé, parti il y a des années, voguer sans crainte dans les mers du sud et les pays exotiques.
Toute occupée à respirer des sels et à jouer du piano, Gabrielle manque défaillir lorsque le Ministère de la Guerre lui fait parvenir une vieille malle pourrie, qui se révèle receler trois colifichets, ayant prétendument appartenu à Endre, le cousin-fiancé. Qu'importe, Gabrielle se recueille sur ces vestiges et tamponne ses yeux de dentelle.
Un gratte-papier du ministère, semblant sous le charme de la donzelle, la recontacte et lui apprend que la mort de son fiancé-cousin est nimbée de mystère, que cela n'aurait pas été aussi simple que ce qu'elle pourrait croire, que certaines personnes pourraient en savoir plus qu'elles ne le diront peut-être pas... Emoustillée, notre pécore se met aussitôt en tête de mener l'enquête et se fait embaucher comme institutrice dans la famille Galay. En effet, un des rejetons, éminent scientifique nommé Pierre (déjà, bon, quand même, non? Et pourquoi pas Pierre Galay de la Roche?) dispose sans doute de renseignements précieux sur les circonstances étranges dans lesquelles est probablement mort Endre.
Sur des perspectives de conflit mondialo-mondial, on trouve de tout dans ce roman pansu : la condition des femmes, la révolution industrielle, le blues de l'émigré hongrois, les mouvements sociaux, les balbutiements du cinéma... le tout sucré comme un loukoum.
Malheureusement, Gab est une dinde sans cervelle, qui semble ne jamais se poser les bonnes questions, n'avoir aucun discernement et faire preuve d'un entêtement qui m'a donné envie de la claquer à maintes reprises. J'ai du mal à imaginer les femmes dans son genre prendre le pouvoir et faire marcher le pays entre 14 et 18 en l'absence des mâles...
Bien que le sujet se prête à du quasi roman d'espionnage haletant, l'intrigue avance à une allure de tortue malade et s'englue finalement entre les crises de conscience de l'héroïne, les descriptions interminables où le concept de métaphore prend tout son sens et un manichéisme des plus relou.. Bref, très décue par cette grande fresque qui se traîne en longueur et qui gagnerait largement à rétrécir d'un bon tiers.
Comme d'hab, j'ai cherché des critiques un peu plus élogieuses que les miennes, et il n'y a qu'à se baisser : toute la blogobulle est sous le charme de ce diable-là, qui m'a paru aussi vénéneux qu'un géranium!!
Chez Estampilles on se passionne, Floaimelesmots annonce qu'il est à lire absolument, Caro[line] est tombée sous le charme, Nina aurait même pu en lire 900 pages de plus...
Ah, on me signale dans l'oreillette que je ne suis pas seule au monde car Laure a laissé tomber à la p70 et que comme moi, Laëtitia aurait bien taillé dans la masse...
Indépendamment (ou en plus) de ta critique, typiquement le genre de roman fleuve que je n'aime pas...
C'est en effet, très très trèèèèès long ;-p
J'avoue que je n'ai pas adhéré non plus : trop long, trop prévisible. Je n'ai pas tenu la longueur, j'ai posé le livre assez rapidement. Peut-être à tort ? ?
Hum, ce n'est pas moi qui vais te jeter la pierre!!
Mais j´ai aimé beaucoup ce roman si long et très interessant. Je pense achêter la suite, si dès l´île de Mallorca je peux le savoir. Je lis chaque semaine Paris-Match et Point de Vue, oú j´ai trouvé le premier apreçu de ce livre.
Hola Maria Dolores, tu es alors l'une des nombreuses personnes à avoir adoré. L'as-tu lu en français?
J'adore "l'intrigue avance à une allure de tortue malade" !!! Sinon, jusqu'à présent, c'est vrai que j'avais lu des avis plutôt élogieux, mais aperçu aussi un ou deux bémols, voire un abandon. Au final, pas trop tentée.