L'imposture "Baise-moi"
Je n'ai que peu de temps pour lire en ce moment, aussi, ça me gonfle de tomber sur de grosses bouses, a fortiori si elles promettaient au départ un voyage intéressant!! Un peu comme quand vous allez au fast food, alléché par la photo d'un burger dodu et doré, et que la caissière vous apporte une semelle coincée entre deux éponges...
Bref, j'ai emprunté à la biblio "Baise moi" de Virginie Despentes, qui avait fait des vagues lors de sa sortie en 1993, au motif qu'il était porno et violentissime.
230 pages plus loin, je trouve ce road movie navrant de facilité, confit de vulgarité inutile...
La cavale pathétique de deux paumées débiles ne m'a pas touchée une seule seconde. Parce que je ne suis pas moi-même une pauvre fille droguée et alcoolisée au dernier degré? Peut-être... je ne pense pas qu'il faille être versé en magie noire pour apprécier Harry Potter!
Mais revenons à nos moutons, enfin à nos brebis (galeuses s'entend). Les duettistes, femelles en rut au QI de bulots, sont deux déchets de la société qui lient connaissance dans une gare et, les grands esprits se rencontrant, partent en goguette se faire sauter et tuer des gens.
Fort d'une telle profession de foi, le binôme de choc trucide nombre de ceux qu'il côtoie, émaillant cette croisade de sentences quasiment philosophiques telles que "On traque la bonne étoile, on va laisser la nique-tamère side of our soul s'exprimer comme elle l'entend" ou "ce connard m'a envoyée chier comme un connard". Entre deux massacres et moult bouteilles de whisky, les deux tarées se dégottent des gars pas farouches pour les besogner, ce qui ne leur remet pas pour autant les idées d'aplomb.
Le livre a-t-il mal vieilli? Ne suis-je pas le public visé? J'ai en tout cas trouvé que ce roman ne méritait pas le scandale de l'époque, la violence et le sexe contenus dans ces quelques pages étant parfaitement stériles : pas de combat ni de revendication, pas de dénonciation ni de remise en cause, aucune subversion… Comme si l'auteur avait additionné toutes les grossièretés de son répertoire pour mieux faire oublier la vacuité derrière les mots. Au final, la provoc au service du néant plutôt que la violence révélant le talent, poil aux dents.
On dit poils aux BROSSES à dents, d'abord.Ensuite, rien.J'ai pas lu Miss Despentes, j'en ai acheté un ceci dit; il prend la poussière gentiment.Un jour...
C'est le genre de livre avec lequel je garde des distances sanitaires... J'ai quand même bien rigolé avec la première citation : je n'arrive pas à croire que l'on puisse écrire des trucs pareils, c'est au-delà de mon imagination ;-)
Le film est pire!Beau blog! Je reviendrai...
Moui...je vous trouve un peu dure ici, mais cela est de bonne guerre dans un avis subjectif. Il me semble que "baiser quelqu'un" est souvent une imposture. Il fallait peut-etre y voir ici l'expression métaromanesque, voire métapoétique (au sens grec de "poein" qui veut dire fabriquer), d'une intentionnalité littéraire belle et bien subversive, quant à l'époque et aux attentes annagavaldisante qu'offre la consommation de masse à une masse informe dont les media se font si bien l'écho. Et puis de l'autre côté, y a des sensibilités errantes, qui puent bon dans ce monde de merde. Il y a une auteure douée. Petite fille, elle voulait surement qu'un prince charmant lui fasse l'amour. Finalement, elle nous a baisé. Et foutu en cloque. Elle restera, à n'en pas douter.NB : lire son dernier bouquinMF
Il n'est pas question de se sentir obligé de trouver cela génial, rien de plus énervant que le consensus...au contraire même, ajouterai-je, il me parait que Despentes est plutot massivement décriée, que ce soit par l'infime tranche des gens qui la lisent, à fortiori par ceux qui ne veulent pas la lire. En cela, il est facile de prendre des citations grossières en les décontextualisant : le lecteur lambda s'imagine que cette grossièreté est gratuite et à fashion. Que nenni, c'est ignorer qu'on a affaire à un roman, fictif, que la citation est celle d'un personnage, personnage qui correspond bien à une époque, qui n'est plus l'époque des amours bucoliques de Ronsard pour Cassandre Salviati par exemple...Je veux dire par là que l'on ne doit pas oublier un point essentiel de poétique du récit : virgine est une romancière, qui donne la parole à des personnages, et que son référent est actuel et sociétal. Bien. Ce bouquin m'a plu car il est d'époque, dérangeant, et intelligemment écrit. Sans même juger le style en le connotant, il y a un style Despentes, c'est tout ce que la postérité demandera en définitive, le style despentes, dans les pages 21ième siecle des ouvrages d'histoire littéraire...Lire un livre et l'apprécier à sa juste valeur nécessite une double approche (en plus de celle, légitime, de l'objectivité) : une lecture "trop près" de myope, qui questionne le rapport fond et forme, et une lecture "trop loin", en regard d'une production littéraire bien souvent formatée. Je ne sais pas moi, mais ca m'a surpris qu'une femme, écrivaine de son état, ait un style sordide et un univers aussi noir. C'est intéressant ne serait ce que pour une approche, très en vogue, dite de "gender study" : qu'est ce qui fait la femme ou l'homme dans le style. Marie Darrieussecq se pose la question, en analyste (pas en tant qu'auteur...encore que, forcément se la pose t'elle aussi à ce niveau là de son activité) : une femme doit elle écrire proprement? Faut il légiférer l'écriture à une époque donnée, et dire que si on trouve les mots "bite" et "couille" comme vous le faites pour résumer rhétoriquement votre parti pris d'une lecture cursive (à mon sens!), doit on dire que c'est une bouse?...Vous savez, Baudelaire et Flaubert, on leur a fait un procès moral de cet ordre là à leur époque...mais aujourd'hui, on ne peut exclure ces deux noms de notre patrimoine historico culturel. On peut trouver que c'est de la bouse, ou pas. Moi pas. Vous peut-etre, et c'est légitime, donc aucun souci. Mais bon, parler de Despentes comme de JM Bigard, ca a le don de m'agacer, comprenez.Bien à vous,MF
Thank You
Il se trouve que je ne suis moi non plus ni droguée ni paumée, que je suis sortie de l'adolescence (quoique....) depuis la moitié de mon âge, que j'aime Harry Potter et que j'ai aimé "Baise-moi".
Je comprends ton aversion et ton énervement mais il n'en reste pas moins que je ne les partage pas. Tout d'abord parce qu'incontestablement Virginie Despentes a un style et, dans le genre, elle écrit bien... disons qu'elle écrit efficace.
Enfin, c'est un fait qu'elle ne propose rien, que ce livre est nihiliste. Mais alors ? Un(e) auteur(e) doit-il/elle forcément "proposer" quelque chose ? L'époque n'est-elle pas elle-même au nihilisme ? Ce qu'on a appelé "révolte des banlieues" l'an passé n'était-ce pas profondément nihiliste ? Des gamins (mâles) brûlaient des voitures mais que demandaient-ils ? Qu'exprimaient-ils ? Quelles étaient leurs revendications ? Rien, nada, silence...
Contrairement à toi, je trouve certains traits des 2 héroïnes de Despentes très représentatifs de cette absence de projet, d'espoir, de vision du futur d'une certaine jeunesse actuelle (et ça ne va pas aller en s'arrangeant à mon avis).
@ +
Cécile
J ADOOOOOOORRRRRRRREEEEEEE !!! c mon livre culte et le film pouahhhhhhh merveilleux!
Je n'ai pas lu ce roman de Virginie Despentes, mais j'ai beaucoup aimé d'autres livres d'elle : "Les jolies choses", "teen spirit" et "bye bye blondie"...mais c'est vrai que j'ai quelques craintes à propos de "baise moi"...peut être parce qu'on en a trop entendu parler en mal...Ton commentaire m'inquiète car j'avais trouvé les autres bien écrits...serais-je déçue par par celui là...à suivre ...
C'est le seul que je connaisse, mais il ne m'a pas du tout donné envie de découvrir les autres, malgré les échos favorables que j'ai entendu sur Bye Bye Blondie par exemple.
N'hésite pas à revenir me dire ce que tu en as pensé ;-)
moi aussi ça m'a laissé perplexe. je me demande qd mm encore si c'est du l'art ou du cochon. La vacuité oui; et si c'était le theme majeure...
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