Cercueils sur mesure

 
Premier plongeon dans la littérature trumanesque, et ben c'est pas une réussite, hein Môssieur Capote. Parce que bon, j'ai beau être impressionnée par vos états de service, par le titre d'enfant terrible de la littérature américaine décerné par mes contemporains, je ne suis pour autant pas prête à tout vous passer.
D'ailleurs, je n'ai qu'un goût modéré pour la littérature américaine (Pat figurant l'exception qui confirme cette règle), et chaque déception me rappelle que décidément, je n'aime rien autant que les auteurs du vieux continent, mais que suis-je donc allée faire dans cette galère, etc.
 
Donc c'est une chose de planter un décor de meurtres en série dans une bourgade des US, encore faut-il en assurer le suivi !! De paisibles citoyens sont assassinés peu après avoir reçu un cercueil au courrier du matin? Super, ça commence plutôt bien. Ajoutons un détective du FBI plus qu'habité par son enquête, persuadé d'avoir démasqué le coupable. Un mobile en forme de débat local autour de la dérivation d'un cours d'eau vital, et hop, l'affaire est dans le sac.
 
 
Mais là où je ne vous suis plus, Trumy, c'est quand vous laissez votre lecteur en plan avec une fin ouverte comme je les déteste. Je dis nan, et re-nan. Pas d'ac : quand on ne trouve pas la fin de son roman, on y accole un style d'écriture lourdingue et prétentieux (par exemple, mais ampoulé ou pontifiant fonctionneraient aussi, je ne suis pas sectaire), une intrigue pauvre, des personnages désincarnés, vides. Comme ça, l'épilogue est nulle, mais en accord avec ce qui précède et le bouquin forme un tout homogène : une grosse merde.
 
Mais qu'un auteur écrive bien, captive son lectorat, l'embarque dans cette histoire tordue de "meurtres en série et Rivière Bleue " pour finalement le planter avec un final en eau de boudin, même à 2 €, ça fait râler.