La cité des jarres

Deuxième polar offert dans le cadre du swap. Après une virée aux US via les méfaits de Bernie le libraire cambrioleur, me voilà projetée en Islande, sur la piste du meurtrier d'un violeur en série.
A priori, ce meurtre est étiqueté comme "typiquement islandais" par les enquêteurs, soit sans intérêt ; mais l'enquête va évidemment faire ressortir qu'il n'agit pas d'un crime bête et méchant. Et pourtant, dans aucun autre pays au monde cet assassinat n'aurait pu avoir lieu. Parce que la population islandaise, isolée depuis des milliers d'années des mélanges, présente des caractéristiques exceptionnelles…
 
Le fantôme de Kurt Wallander rôde pas loin. Il pleut sans arrêt, le commissaire Erlandur mange mal, dort peu, travaille beaucoup et déplore que sa fille soit une junkie névrosée mais ne sort pas pour autant de son rôle de spectateur passif, plutôt étrange pour un père. Je suppose toutefois que c'est en lisant les autres opus mettant en scène ledit commissaire que j'en saurai plus sur les mystères de sa vie privée.
Et encore, Mankell situe ses polars en Europe, et même si je ne connais rien de la Suède, je peux encore imaginer ce pays. Mais Erlandur mènerait son enquête sur Mars qu'elle me semblerait moins surréaliste : des prénoms à coucher dehors (Grétar, Gunnar, Fjola et mon préféré : Sigurdur Oli), pas de noms de famille, un mobile un peu spécial, bref, pratiquement de la science fiction!
 
Ce polar est pour moi un ovni et je ne sais pas trop quoi en penser.
L'intrigue est curieuse mais le climat vraiment sombre et plombant, ce qui me gonflait déjà chez Mankell alors, faut voir.
Un petit tour du côté de La femme en vert devrait m'éclaircir les idées.
 
 

Cochon d'Allemand

 
Cochon d'allemand, c'est le gentil refrain qui a bercé toute l'enfance de l'auteur. Né de mère allemande et de père danois à quelques encablures de la fin de la deuxième guerre mondiale, le malheureux Knud devient la tête de turc de ses adorables camarades d'école qui lui pourrissent littéralement la vie. Dans la petite ville de Nykobing tous et toutes sont hostiles à la prussienne (forcément nazie) et à sa famille et cristallisent leur haine de l'Allemagne sur la seule représentante qu'ils aient sous la main. Un boulot de longue haleine qui va faire de chaque souvenir d'enfance de Romer une nouvelle humiliation, une vexation supplémentaire. 
 
La construction du bouquin est assez étrange : point de chapitre mais des anecdotes, sans fil conducteur, qui se succèdent, relatant l'enfance de l'auteur, mais aussi celle de sa mère, l'histoire de ses grands-parents. Le tout est assez décousu à lire mais forme curieusement un bloc compact : les racines et les origines de Knud Romer.
 
Malgré une écriture très agréable, je me suis complètement satellisée dans l'histoire familiale : j'ai confondu les Allemands et les Danois (!), l'histoire du père et celle de la mère, et je ne parvenais plus à différencier la branche paternelle de celle maternelle, tout se mélangeant dans mon esprit. Ce qui me rassure, c'est que Bernard, qui officie sur le blog des livres, s'est également perdu en route, sauf qu'il a aimé, lui.
 
En fait, pour tout vous avouer, ce roman m'apparaît plutôt comme une façon pour l'écrivain d'exorciser son horrible enfance, ce qu'il fait avec style, recul et humour. Mais pour le lecteur? On a confirmation que les gens (adultes et enfants) sont bêtes et méchants, et qu'une bonne guerre fait ressortir les pires côtés de l'humain. Bon. Rien de bien nouveau sous le soleil.
 
Je me dis quand même que je suis passée à côté à cause d'un défaut d'attention : je ne me suis pas vraiment plongée dans le bouquin, j'ai mis longtemps à le terminer (alors qu'il n'est vraiment pas épais). La meilleure preuve, c'est que j'ai réalisé après avoir lu plus de la moitié de l'opus que Knud était réellement le prénom de l'auteur, et pas un petit nom affectueux donné par sa grand-mère (désolée, mais moi, j'ai du mal à imaginer qu'on puisse appeler un bébé Knud). À la masse, je vous dis…
 
Du côté des liens, vous pouvez aller faire un tour chez Gambadou (un peu largué aussi), sa note vous menant à son tour chez Antigone, Lily, Malice ou Cathulu.
Anne-Sophie, de la Lettrine, a beaucoup aimé, ainsi que Wrath.

 

Conjuration Casanova

Le succès retentissant du Code a dû en inspirer certains, qui se sont dit : pourquoi pas nous ? Si Brown est foutu d’inonder la galaxie avec ses devinettes à trois francs et son décryptage complètement barré de l’histoire catholique, on doit bien pouvoir faire la même chose en se creusant un peu la soupière !!

Et hardi petit, vas-y que je me mets au boulot, que je te prends des éléments réputés efficaces (enquête policière + sexe), une bonne dose de souffre (les agissements mégalomaniaques du gourou d’une secte branchée spiritualité et érotisme) et pimentons le tout grâce à la franc-maçonnerie. Remuons bien, mixons le tout, publions et attendons.

 

Ah oui, j’oubliais, collons un titre vendeur : Conjuration Casanova.

 

Au bout de la ligne, le poisson, c’est bibi.

J’ai l’excuse d’avoir besoin d’un titre avec le mot conjuration pour compléter ma LALITA avant sa date de péremption, celui que j’avais initialement prévu n’étant pas dispo à la bib.

 

Je ne sais même plus que vous dire d’autre sur ce bouquin, qui m’a fort désappointée.

Sur le fond, l’intrigue est un peu sommaire : le gourou susmentionnée organise le massacre de ses fidèle sur un bûcher, mais une jolie pépette en réchappe et veut le retrouver pour lui faire la peau. En parallèle, la maîtresse d’un ministre calanche brutalement pendant une séance de galipettes. Un commissaire franc-maçon est missionné pour résoudre cette énigme, d’autant que le  mystère s’épaissit lorsque le ministre en question devient complètement zinzin. On devine rapidement que le poulet et la grue vont unir leurs efforts pour démasquer le gros méchant Dyonisos.

On se balade de Paris à Venise en passant par les processions andalouses de Grenade, on surfe avec les nouvelles technologies, on en apprend sur Casanova à travers ses mémoires (mais sont-ce les vraies ?) et surtout on frôle la science fiction dans un final pas piqué des hannetons.

Bref, on trouve de tout, à boire et à manger dans ce bouquin !

Sur la forme, des chapitres trop courts (pour encourager le lecteur du DVC, que pourrait rebuter des chapitres consistants ?) qui hachent insupportablement le récit, un piti lexique sur les termes de la maçonnerie (pour les lecteurs qui ne se doutent pas que le tablier se porte autour de la taille ou qui ignorent ce que sont des gants) et, pour les fans, le début du nouveau bouquin commis par les deux compères : Frère de sang.

Si jamais, malgré mes encouragements, vous ne souhaitiez pas faire l’acquisition de ce poche, pour la coquette somme de 7,10€ (ce qui fait quand même 46,58F), vous rateriez la photo des deux auteurs qui orne la 2e de couv.

 

Comme je suis bonne fille, je vous régale de ce cliché sublime, qui combine savamment tous les ingrédients du bouquin : mystère (le regard pénétrant), classe (le col roulé noir, en laine), réflexion philosophique (la main sur la tempe) et bien sûr, sensualité (la couleur violette).

Les hommes dénaturés

D'après la 4e de couv "Nancy Kress est une remarquable écrivaine de science-fiction", et "elle montre encore une fois toute la force de son talent dans une réflexion dérangeante sur les dérives de la science et la catastrophe écologique".

Comme je ne suis pas une spécialiste du genre, je n'ai pas trop les moyens de comparer. Mais bon, en même temps, j'aime à penser que la lecture de 200 titres de sf ne m'est pas indispensable pour être éventuellement dérangée par une quelconque réflexion (ouais je sais, je suis une dingue).

Ainsi, j'ose croire que le rédacteur de cette 4e s'est un peu enflammé. En même temps, on ne peut lui en vouloir : faut draguer le lecteur pour qu'il achète le bouquin (naaaan, je ne l'ai pas acheté, on me l'a prêté. Et pis je ne suis pas une fille facile de toute façon). Donc il a collé un wondebra pour pallier le manque d'épaisseur, et roule ma poule.

D'ailleurs, l'idée de départ n'est pas mal : en 2030, la fertilité des humains est au plus bas, l'enfant est devenu un objet rare et si certains reportent leur affections sur des animaux de compagnie, d'autres sont prêts à tout pour récupérer un vrai bébé. Flairant l'aubaine, de méchantes gens que n'étouffent pas les scrupules – la génétique humaine est interdite – se sont mis à cogiter sur un concept innovant : de petits singes sur lesquels sont greffés des visages humains obtenus par clonage. Le produit fait un carton sous le manteau jusqu'au jour où une jeune recrue de l'armée tombe face à un spécimen, et décide de mener l'enquête, mettant le doigt sur un trafic dont l'ampleur la dépasse complètement.

Sauf que l'enquête en question perd de la consistance à chaque page et tombe dans des facilités téléphonées. On ne parvient pas à accrocher, tout est laborieux et on se lasse peu à peu, une fin convenue arrivant à point nommé pour clore ce roman bien fade.

Je propose donc une 4e de couv plus proche de la vérité qui se terminerait ainsi : "Nancy Kress est habituellement une remarquable écrivaine de sf, mais elle n'a cette fois pas forcé son talent dans une réflexion peu innovante sur les dérives de la science et la catastrophe écologique."

Le rire de l'ogre

 

Quelle ambiance lourde et collante que celle qui baigne le récit de Péju. La chape de plomb dont la deuxième guerre mondiale a étouffé l'Europe est si épaisse que les décennies suivantes luttent encore pour respirer, pour survivre.
 
Paul est de cette génération, née juste après la guerre mais qui vit encore avec elle (où est-ce le fantôme de la guerre qui vit en lui?) et qui ne parvient pas à se détacher des ombres qui le hantent.
Lors d'un séjour en Allemagne l'été de ses 16 ans, il rencontre Clara, énigmatique adolescente qui fixe son quotidien en 24x36, alors que Paul dessine des arbres torturés et des créatures menaçantes. Si leurs démons sont peut-être similaires, leur façon de les exorciser diffère, et alors que Paul rentre à Paris pour intégrer les Beaux Arts et découvre dans la sculpture un moyen de survivre, Clara parcourt le monde, à la recherche des conflits armés, traquant le regard des soldats à travers son objectif.
 
Pourtant, ils se revoient quelques fois, confrontant leurs secrets, leur incapacité à l'oubli, à l'absolution les empêchant d'être heureux. L'histoire qui les lie n'est pas une histoire d'amour, mais à la fois bien plus que cela, jumeaux dans le poids d'un passé trouble qu'ils portent malgré eux, héritage paternel bien lourd.
 
Ces deux gosses m'ont fait penser aux oiseaux pris par la marée noire, dont les ailes engluées de mazout les clouent au sol. Essayant désespérément de trouver une échappatoire à leur mal-être, ils s'agitent vainement mais rien ne les délivre de l'étau qui les enserrent.
Avec Le rire de l'ogre, Péju signe un roman vraiment sombre et tourmenté, et aborde les aspects les plus terrifiants de la guerre. Ce conte de fée maléfique est oppressant mais exerce aussi une attirance morbide, je n'arrive pas à me prononcer : est-ce que j'ai aimé ou pas? Je n'en sais rien! Je suis contente de l'avoir lu, mais presque aussi soulagée de l'avoir refermé, comme on referme la porte d'une cave humide et sombre, où de monstrueuses créatures nous guettent dans le noir et n'attendent qu'un faux pas pour nous dévorer…

L'empreinte du diable

A priori, un polar australien dans lequel l'enquête est menée par un détective moitié blanc moitié aborigène répondant au nom de Napoléon Bonaparte (Bony) ne peut pas être totalement mauvais.

 

A posteriori, totalement mauvais, non. Mais vraiment chiant, oui. Il semblerait que ce roman date de 1946, et autant vous dire qu'il a mal vieilli.
 
Dans ce récit à la papa, on traque un assassin qui vient de mettre le bazar dans une honnête pension de famille en refroidissant un des pensionnaires. Soupçons de connections avec l'Allemagne nazie, contre-espionnage et microfilms sont au menu, servis par un détective patelin, pour qui une bonne empreinte de godasse parle plus que tout autre indice.
Le voir reconstituer des emplois du temps à la simple étude des marques opportunément laissées par les arpions disproportionnés de quidams peu précautionneux n'est hélas pas suffisamment rigolo pour qu'on ne soit saisi d'un bâillement dès la moitié du bouquin.
 
À compter du dernier quart, je suis passée en mode accéléré, l'épilogue étant à l'avenant : fausses barbes et coups de théâtre téléphonés.
 
Déception, donc, rendons-nous à l'évidence, n'était pas Agatha Christie qui voulait!
 

Mendiants et Orgueilleux

Un meurtre est commis dans un bordel du Caire : Gohar, mendiant philosophe, pris d’un coup de folie dû au manque de haschich vient d’étrangler une des pensionnaires de la maison close dont il assure occasionnellement la comptabilité.
Pas perturbé outre mesure, il continue de vaquer à ses occupations, soit glander toute la journée dans la ville, et chercher Yéghen, son fournisseur officiel de drogue.
Dans ce caire misérable et poussiéreux, nombres de personnages hauts en couleur se croisent : Set Amina, la tenancière de la maison des plaisirs, Nour el Dine le policier inverti et perspicace ou encore El Kordi le fonctionnaire doux rêveur qui n'ambitionne que de sauver une pensionnaire de Set Amina.
 
Je n’ai pas du tout accroché à ce roman où finalement, il ne se passe pas grand-chose. Les personnages passent leur temps à se plaindre et à refaire le monde, à philosopher dans le vent et à déambuler sous le soleil des rues crasseuses du Caire. Malgré un style plutôt sympa, assez détaché et plein d’humour, j’ai eu du mal à finir et ce n’est que l’intrigue un peu policière qui m’a fait tenir.
L’auteur a obtenu le Grand Prix de la Francophonie pour l’ensemble de son œuvre, mais je ne suis pas parvenue à entrer complètement dans son univers pourtant poétique et chamaré, dommage.
 
 
 

Pas facile de voler des chevaux

Je ne sais pas pourquoi, je m’étais figurée que ce bouquin se passait en Australie. Le titre peut-être…
Pas du tout : on est en Norvège, et je n’ai pas tardé à m’en rendre compte, vu que le personnage principal s’appelle Trond.
Bref, peut-être est-ce ce malentendu qui est à l’origine de mon manque d’intérêt pour ce bouquin ? Ou alors le dois-je à l’impression de non-histoire, de vide qui me saisit après l’avoir refermé… Pour être franche, je fais cette note surtout pour me souvenir que j’ai lu ce bouquin, car je gage que dans un an, il me sera complètement sorti de la tête !
 
Trond, donc, est aujourd’hui un papy qui décide de se retirer dans un chalet au fond de la campagne norvégienne, et découvre que son voisin est le frère de son ami d’enfance. Cette découverte le renvoie à son passé, à l’été de ses 15 ans passé avec son père avant que ce dernier ne mette les bouts définitivement. Cet été où il en apprend de belles sur les actes de ce dernier pendant la deuxième guerre mondiale, et dont les conséquences seront capitales pour sa famille.
 
Il serait exagéré de dire que je me suis ennuyée en lisant le roman, mais la passion n’était pas non plus au rendez-vous… Dommage, parce que je trouve le titre et la couv plutôt réussis!
 
J’ai en tout cas été loin de l’émotion dont cause Elfique, et dont la note m’avait fait retenir ce livre. Papillon l’a également lu, et son avis s'avère mitigé.

Ronde de nuit

Après mon engouement incontestable pour Du bout des doigts, je me suis jetée avec gourmandise sur Ronde de nuit, le quatrième roman de Sarah Waters.
 
4 personnages apparaissent dans les brumes du Londres de 1947 : Viv, Duncan, Kay et Helen. Dans un étrange climat d’après-guerre, ces quatre survivants tentent de continuer à exister, malgré les souvenirs du conflit et leur propre vécu de cette période : Viv persévère dans une liaison sans avenir avec un homme marié, Duncan – hébergé par un oncle un peu bizarre – bosse à l’usine, Kay vit seule et Helen assiste, impuissante, à la fin de sa liaison avec Julia…
 
A priori, rien ne les relie, mais bientôt, l’auteur remonte le temps : 1944, puis 1941 et les relations se modifient, tissant une toile entre ces individus, livrant au compte-goutte le pourquoi du comment.
Ainsi, Kay n’a pas toujours été seule, Duncan vit avec un secret qui le torture et lui vaut une réputation sulfureuse, et Viv semble liée à son amant par des événements plutôt sinistres…
 
Autant le rythme et l’intrigues étaient prenant dans Du bout des doigts, autant je me suis em… dans ce dernier longuissime opus.
Tout ça pour ça !!!
On est loin des rebondissements et des retournements de situation qui avaient fait le charme du premier roman de la britannique.
Même le changement d’époque est à l’avenant : le Londres victorien était canaille, haut en couleurs, impertinent et savoureux, les années 40 le rendent terne, triste, lugubre et déprimant. Ce changement de décor a transpiré sur les personnages qui suintent l’ennui et la grisaille.
J’ai bien failli ne pas aller au bout, mais je suis indécrottable : j’ai toujours l’espoir que ça va enfin dépoter !!!
Clairement, pas là.

Il faut qu’on parle de Kevin

Sur les conseils de lecture de Turquoise, j’ai opté pour ce roman épistolaire au vitriol inspiré du carnage de Columbine.
 
Eva vit avec Franklin, et à 37 ans, par amour pour son homme, elle accepte de mettre son job de globe-trotter en parenthèse et se lance dans la fabrication d’un héritier, bien que procréer n’ait jamais fait partie de ses priorités.
16 ans plus tard, Kevin bute 9 personnes de son lycée.
 
Dans une tentative d’automédication, Eva entreprend un récit de ces 16 années dans les lettres qu’elle adresse au père de Kevin, dont elle est séparée. Eva dévoile ses motivations d’avoir un enfant, ses appréhensions, ses frustrations aussi face à un mari devenu censeur (ne bois pas d’alcool, ne fais pas d’effort violent…) et surtout son désarroi à la rencontre de son mouflet.  Rapidement, Eva réalise que Kevin semble tenir plus de Damien - le rejeton satanique de La Malédiction - que du fils naturel de la Schtroumpfette et d’un bisounours.
 
Dès sa naissance, Kevin se fait un devoir de pourrir la vie de sa mère : il se détourne de son sein nourricier, passe ses journées à hurler, refuse d’aller aux toilettes jusqu’à 6 ans… Bref Eva ne sait plus à quel saint se vouer pour élever Kevin, ne trouve pas l’appui nécessaire auprès de Franklin et s’interroge sur sa propre responsabilité dans cette relation plus que conflictuelle, qui débouchera sur le fameux JEUDI.
 
Pour être franche, je n’ai pas pu aller au bout du récit : l’incident du destop a suffi à susciter une telle nausée que je n’ai pas pu aller plus loin… Je me suis donc arrêtée à la page 362 sur 486.
 
Autant les explications que fournit Eva quant à sa maternité ratée m’ont semblé réelles, compréhensibles et honnêtes, autant j’ai eu du mal à accepter que Kevin soit réellement aussi nuisible et méchant que Chucky la poupée tueuse !! Le dernier épisode sur lequel je suis restée m’a paru comme carrément grandguignolesque, too much, même pour ce pays qui fait tout en taille XXL.
En plus, je n’ai pas compris si vraiment le bouquin était une fiction, de quelle base était partie Lionel Shriver pour l’écrire, et j'ai du chercher un moment sur Internet avant de trouver une interview sur un site canadien dans laquelle Shriver explique que le bouquin est issu d'une recherche perso assise sur des rapports de policiers, psys, travailleurs sociaux. Elle (oui, parce que ne vous y trompez pas, Lionel est une femme) annonce avoir voulu raconter une histoire "plausible", et j'ai justement des doutes quant à ce point... 
 
Je suis mal à l’aise avec le fait de ne pas avoir fini le bouquin, et j’ai du mal à porter un avis sur cette lecture. Pous vous aider (ou pas) à vous décider à le lire, allez faire un tour chez Papillon, qui émet un avis un peu similaire au mien, ou alors chez Wrath, qui a adoré.
Chez Wrath justement, j'ai lu que l'auteur après avoir écrit son bouquin, avait finalement décidé de ne jamais avoir d'enfant. Sous couvert de causer de la société américaine et de ses défauts ce récit ne serait-il pas aussi et surtout l'expression de ses démons personnels?