Symphonie Lucifer
Après deux livres décevants, même pas assez nuls pour faire l'objet d'un coup de gueule, je suis revenue à un de mes genres préférés : le polar.
Et français, s'il vous plait. Prêté par mon neveu (celui qui lit), avec ses chaleureuses recommandations. A ses yeux, Dan Chartier possède l'immense avantage de situer ses intrigues dans la région d'Annecy, domicile actuel dudit neveu, qui prend donc grand plaisir à découvrir en vrai les lieux évoqués. Un peu comme ceusses qui tentent de distinguer le bon grain de l'ivraie en pistant les élucubrations DaVinciCodesques au Louvre.
Le local de l'étape nous emmène donc sur les traces d'un tueur en série. Un tueur cherchant à venger un autre tueur - mort, refroidi par le peu sémillant Commissaire Marac, narrateur - enfin, c'est ce qu'on croit au début.
Une petite intrigue honnête qui se laisse lire sans peine jusqu'à la fin, j'avoue avoir été impatiente de connaître le dénouement. Toutefois, une mise en garde aurait dû être libellée en prologue, indiquant au lecteur potentiel que la lecture des précédents tomes était fortement conseillée (Noir comme un ange et Les mémoires sauvages) avant de se lancer sans filet dans la Symphonie Lucifer. Cet opus est quasiment une suite des deux autres et la connaissance préalable des protagonistes (tant les bons que les méchants), et de leur vécu aide grandement à démêler le schmilblick.
En dehors de ce détail, je ferais deux reproches à ce bouquin : l'accumulation horripilante de métaphores balourdes (au rythme d'une toutes les trois phrases), qui pèsent sur la narration et rendent le style un peu poussif à mon avis. Le deuxième, c'est que finalement, il n'innove pas beaucoup, et m'a semblé un amalgame de San Antonio (pour le goût de la métaphore, et son gros collègue ressemblant étrangement à Bérurier), de Grangé (un final dans la montagne rappelant celui des Rivières Pourpres, une dose d'ésotérisme et de paranormal rappelant Le Concile de Pierre), et de Mankell (un héros-commissaire un peu looser, aux histoires d'amour chaotiques, des avis tranchés sur la société de consommation).
En bref, tout de même un bon roman de plage!! Merci Boris...
C'est vous qui le dites