L'enfant de Noé
Petit bréviaire du braqueur

Même le mal se fait bien
Le Dahlia Noir
Première constatation : après plus de 500 pages relatant son histoire tragique, je ne sais toujours pas écrire Dahlia, m’obstinant à l’orthographier Dalhia.
Mais bon, on s’en fout.
Je ne sais rien de l’adaptation cinoche mais la version originelle de ce polar hollywoodien m’a complètement embarquée au cœur de L.A., entre bouges sordides et rêves de midinettes.
On s’attache rapidement à Bucky Bleichert, trentenaire, ancien boxeur reconverti dans
Le 15 janvier 1947, les deux acolytes se retrouvent comme des centaines d’autres agents, tous affairés à trouver quelque indice susceptible d’aider à retrouver le meurtrier de Betty Short. La pauvre fille a échoué sur un terrain vague, coupée en deux, tout de noir vêtue. Il n’en faut pas plus pour que ce crime déchaîne les passions et les huiles locales tiennent à pouvoir se gargariser rapidement d’avoir arrêté celui qui a trucidé le Dahlia Noir.
Mais Bucky part à reculons sur cette affaire, tant il estime que l’histoire personnelle de Lee – traumatisé par la disparition de sa jeune sœur – et son addiction à la drogue sont autant de facteurs gênants. Pourtant, il va se plier aux ordres et entamer une enquête au long cours, qui va définitivement modifier le cours de son existence.
Ce roman est haletant, et on suit avec délectation Bucky, arpentant L.A. à la recherche d’une piste qui semble se jouer de lui et l’emmène dans des bars lesbiens, au Mexique et à la table des fortunes immobilières d’Hollywood. Le parfum vénéneux du Dahlia mort enivre le jeune flic qui risque bien de perdre tout ce qu’il aime à traquer le tueur. Mais est-ce bien le tueur qu’il poursuit ?
L’édition Rivages / Noir inclut une postface de l’auteur, qui donne quelques clés sur le roman et son adaptation, bien utiles de mon point de vie de nulle-qui-ne-connaît-rien-de-ce-gigantesque-auteur. Très chouette polar!
Les mystères de Madrid
Décidément la littérature espagnole se révèle pleine de délicieuses surprises à mes yeux ignares !! Après le choc de la révélation que fut L’ombre du vent, qui a consacré Ruiz Zafon comme l’un de mes auteurs hispaniques favoris – devancé d’une très courte tête par Perez Reverte, eu égard au plus grand nombre de bouquins publiés – me voici absolument conquise par Antonio.
Cela dit, il suffit de me fait rire pour que je m’enchante pour un bouquin… Et c’est le cas de ce roman absolument truculent. Pourtant, le contexte est dramatique : on a volé le Divin Christ à la Tignasse, relique phare d’un petit village du sud de l’Espagne, qui vit au rythme des processions religieuses de la semaine sainte, sur lesquelles règne régnait cette statue sacrée.
Serait-ce l’acte d’une confrérie rivale, jalouse de l’aura du Divin Christ, et souhaitant que sa propre relique devienne number one ?
C’est ce qu’est chargé de découvrir Lorencito Quesada. Ce vieux garçon dévot, confit dans un emploi subalterne de vendeur et qui vit chez sa vieille mère, est dûment missionné par le mécène de l’église, l’homme le plus riche de
Emboîtez le pas au malheureux Lorencito dans une quête échevelée, rocambolesque et complètement disjonctée, narrée avec brio et une ironie décapante. J’ai lu sur un site espagnol que cet anti-héros était comparé à Candide, mais pour m’être ennuyée ferme à la lecture de Voltaire, je suis plutôt d’avis qu’il s’apparente à Wilt, le personnage de Sharpe.
Nota : Malgré le fait que je sois peu regardante sur les approximations de traduction, je n’ai pu m’empêcher de tiquer à 3 reprises, d’autant que cette petite merveille est éditée par Actes Sud, honorable et grande maison s’il en est :
- p 51 : « Allons Quesada, ne pique pas un phare ! »
Diantre, moi qui croyais qu’on piquait plutôt un fard… aurais-je découvert le poteau rose ?
- p 100 : « … St Pancraca, Ste Gemma et Ste Rite »
- p 144 : « le taxi enfila en trombe le paseo de Recoletos, passa au jaune les feux de l’esplanade d’Atocha… »
Mouais, j’ai jamais vu de feu de couleur jaune, pour ma part, l’orange est parfois plutôt sanguine…
Mais bon, je pinaille, et ces quelques maladresses n’ont absolument pas entaché le grand plaisir que j’ai eu à découvrir cet excellent auteur!!!
Beach Music
La tortue caret naît sur les plages de Caroline du Sud et revient y pondre ses œufs des années plus tard, si elle a réussi à échapper à tous les prédateurs et les dangers qui la guettent en mer.Les fabuleuses aventures d’un Indien malchanceux qui devint milliardaire

Scénario catastrophe! Manuel de survie : en voyage


Un incontournable !!
Le site internet, mais in english only!!
Le fils du vent
Ce roman est magique, comme si les esprits de Be et Kiko habitaient aussi ses pages. Sans être manichéen, il recèle une grande part de candeur, de rêve et d'émotion, et il fait bon se chauffer au soleil africain, même s'il se cache dans la mémoire d'un enfant.* Non, la Scanie n'est pas un pays mais bien une région de la Suède. Vous ne le saviez pas? Ben alors…
À la bourre et sans un rond
"Au cours des trois années qu’ont suivi, il en a fait des allers et retours entre la maison et cette bâtisse grise, et puis un jour il est allé passer dix-huit mois dans un endroit beaucoup plus grand. Mais c’était pas un bon criminel parce que, et d’une, il se f’sait toujours choper ; et de deux, il volait que des conneries dont personne voulait : tondeuses à gazon rouillées, pelles, râteaux, batteries à plat, pneus lisses, selles, j’en passe et des meilleures. A chaque fois qu’il se f’sait serrer, j’me demandais comment quelqu’un avec un QI de 146 pouvait être aussi con. Ses profs disaient qu’c’était un vrai génie. Surtout en maths. Il avait une calculette à la place du cerveau. Mais à quoi ça lui a servi ? J’attends toujours le jour où tous ces chiffres s’additionneront. Il a dû s’passer un truc quand il était derrière les barreaux, parce que depuis — et ça remonte à douze, treize ans, c’que j’vous raconte — Lewis est pas bien. Dans sa tête. Il va jamais jusqu’au bout de c’qu’il entreprend. Des fois, il entreprend même pas."





C'est vous qui le dites