Cercueils sur mesure

 
Premier plongeon dans la littérature trumanesque, et ben c'est pas une réussite, hein Môssieur Capote. Parce que bon, j'ai beau être impressionnée par vos états de service, par le titre d'enfant terrible de la littérature américaine décerné par mes contemporains, je ne suis pour autant pas prête à tout vous passer.
D'ailleurs, je n'ai qu'un goût modéré pour la littérature américaine (Pat figurant l'exception qui confirme cette règle), et chaque déception me rappelle que décidément, je n'aime rien autant que les auteurs du vieux continent, mais que suis-je donc allée faire dans cette galère, etc.
 
Donc c'est une chose de planter un décor de meurtres en série dans une bourgade des US, encore faut-il en assurer le suivi !! De paisibles citoyens sont assassinés peu après avoir reçu un cercueil au courrier du matin? Super, ça commence plutôt bien. Ajoutons un détective du FBI plus qu'habité par son enquête, persuadé d'avoir démasqué le coupable. Un mobile en forme de débat local autour de la dérivation d'un cours d'eau vital, et hop, l'affaire est dans le sac.
 
 
Mais là où je ne vous suis plus, Trumy, c'est quand vous laissez votre lecteur en plan avec une fin ouverte comme je les déteste. Je dis nan, et re-nan. Pas d'ac : quand on ne trouve pas la fin de son roman, on y accole un style d'écriture lourdingue et prétentieux (par exemple, mais ampoulé ou pontifiant fonctionneraient aussi, je ne suis pas sectaire), une intrigue pauvre, des personnages désincarnés, vides. Comme ça, l'épilogue est nulle, mais en accord avec ce qui précède et le bouquin forme un tout homogène : une grosse merde.
 
Mais qu'un auteur écrive bien, captive son lectorat, l'embarque dans cette histoire tordue de "meurtres en série et Rivière Bleue " pour finalement le planter avec un final en eau de boudin, même à 2 €, ça fait râler.
 

Je m’appelle Jeanne Mass

Voilà décidément un auteur qui porte bien mal son nom...
Je ne vais pas tourner autour du pot : Je m’appelle Jeanne Mass est sans aucun doute le pire livre que j’ai jamais lu.
Oncques une œuvre prétendument littéraire n’avait à mes yeux accumulé autant de tares : un contenu d’une inanité intersidérale, un style d’élève de 14 ans fier de causer le verlan, le tout vendu par une quatrième de couv pour le moins mensongère : on ne peut décemment pas qualifier d’intrigue (encore moins policière, mais je chipote) le salmigondis d’aventures misérables traversées par un videur de boite de nuit au QI de bulot, dont la vie est aussi passionnante que celle des phasmes décérébrés de Secret Story ; et accessoirement appelé Jeanne Mass.
 
Quant à qualifier de roman ces 188 pages de divagations pathétiques d’un auteur qui devrait peut-être essayer la drogue dans l’espoir qu’elle lui fournisse imagination et originalité, à défaut de style et talent : à l’impossible nul n’est tenu ; faut avoir des peaux de saucisson devant les yeux.
Constater qu’on puisse oser comparer ce néant littéraire à l’univers de Tex Avery et des Monthy Pithon me laisse pantoise.
Enfin, l’emploi des termes « drôlerie irrésistible » est au mieux trompeur (à mon avis, c'est du foutage de gueule), mais je ne suis pas rosse, je vous laisse juger :
« Je choisis une boule qui me convient, une boule jaune où mes trois doigts s’ajustent parfaitement puis je me positionne en face du couloir. Je sais que mon honneur est en jeu, que j’aime mon pays, ma patrie, mon peuple et que tout le monde me regarde en ce moment. Je décide de tenter le tout pour le tout et jette ma première boule qui part à 34 km/h et passe à côté des quilles. La honte.
Douze ans d’étude pour en arriver là. Que vont dire mes parents ? Que va penser Bruno ? En quel sens Colette peut-elle dire que l’image de la taupe monte au cerveau de la chatte ? Qu’est-ce qu’un brocanteur ? En quoi le brocanteur se distingue-t-il de l’antiquaire ? Vers quel compromis s’oriente la discussion ? Où se trouve le poète ? Tante Séraphine ignorait les fers électrique et méprisait la cuisine au gaz. (Escarpit) – Le feu rouge de l’aiguilleur s’effaça, le train de Dieppe siffla, se mit en marche. (Zola) – La quinine est un vieux remède contre la fièvre. – À la sortie des gares, on peut louer des voitures sans chauffeur. – La journée commença par une leçon de calcul. J’eus la chance d’être interrogé, mais la douleur de faire une mauvaise réponse. (Duhamel)
 
Poilant, non?
 
L’idée qu’on abatte des arbres pour éditer ce genre de grosse daube me révulse.

Mademoiselle Laguiole

Pendant l’entre-deux-guerres, Mathilde Chauchard se démène pour faire vivre la fabrique de couteaux de sa famille, le fameux Laguiole. Depuis que son père est impotent, elle est la cheville ouvrière de l’atelier et ajoute à son expérience une sensibilité féminine.

Lorsque que le député du coin lui fait une commande spéciale pour le Président Lebrun, les retombées sont très positives, la presse parisienne découvre le Laguiole et l’avenir semble assuré.

Hélas, tout n’est pas rose dans la bonne ville de Laguiole, et les soucis creusent des rides sur le front pur de la jeune fille : jalousie de concurrents, malveillance, harcèlementLa pauvre Mathilde doit lutter et lutter encore pour faire survivre sa fabrique !

 

Deux éléments rendent ce roman totalement inconsistant : l'absence totale d’information au sujet du Laguiole, un chouette couteau sur lequel on apprend strictement rien, même pas le pourquoi de l’abeille sur le manche ; et surtout le manque d’intérêt navrant de la pseudo intrigue policière autour du mystérieux Bayard.

 

L’auteur est un habitué du roman terroir – d’après la 4e de couv – qui paraissent aux Éditions du Rouergue, et on le croit volontiers : des passages entiers sont consacrés à la beauté du Causse et de l’Aveyron, les valeurs morales de la famille Chauchard se rapprochent de celles de Charles Ingalls, et Bayard est un gros méchant :

-          « Quelle cruauté ! s’indigna Blanche. C’est un homme au cœur de pierre ! (…) Je n’imagine pas qu’on puisse (…) exécuter aussi sauvagement pour quelques vantardises… Sauf peut-être en temps de guerre… Et encore…

-          C’est de la barbarie, continua Mathilde. »

 

Au secours.

Daniel Crozes a sans doute voulu évoluer un peu et mettre du piment dans son roman en imaginant une mystère policier, ce qui ne lui réussit pas : c’est mal ficelé, abracadabrantesque, peu crédible et l’épilogue se termine par une explication encore moins convaincante

 

Bof et rebof !!

Pas un mot à l’ambassadeur

Nancy, ma chère, comment vous dire?
J'ai dû attaquer votre œuvre par la face nord : cet opus est le dernier que vous ayez écrit, et probablement aussi (le premier et) le dernier que je lirai !
 
Dans les années 50, Lady Wincham quitte l’Angleterre et s’expatrie à Paris pour suivre son mari, fraîchement nommé ambassadeur. De suite des soucis d’une envergure majeure l’assaillent : comment s’habiller ? Comment être à la hauteur de la précédente occupante de la fonction en matière de réception mondaine ? Comment persuader cette même ambassadrice déchue de quitter les lieux alors qu’elle refuse de partir ? Que faire lorsqu’un journaliste mauvais coucheur se répand en ragots médisants dans une feuille de choux britannique ?
La pauvre Lady ne recule devant rien face à ses responsabilités et prend le taureau par les cornes : elle appelle au secours Tonton Davey, spécialiste es mondanités...
Je vous épargne la liste des préoccupations que ses chers fils lui infligent (misère, même ceux envoyés à Eton se rebellent), vous désespéreriez de la jeunesse, et je vous passe également les frasques de Northey, prétendue secrétaire d'ambassade...
 
 
C’est peu de dire que le bouquin a mal vieilli… J’ai même du mal à imaginer qu’il ait un jour pu avoir un quelconque intérêt !
Des futilités à la pelle, des quiproquos balourds et une intrigue parfaitement dénuée d’intérêt font de ce livre un outil efficace pour caler un meuble !

Momie

De retour… après quelques jours passés à bricoler et à faire de la peinture, et du coup, pas trop envie de poster ces derniers temps.
Et pis en plus, je reviens de mauvais poil…
Ben ouais, j’ai lu une grosse bouse. Oups, y en a qui vont tiquer parce qu’il faut dire « j’aime pas » et pas « c’est nul », tout ça, tout ça.
 
Bon, laissez-moi vous expliquer ce qui motive mon courroux, ma déception, et mon jugement plutôt radical.

Au temps jadis des pyramides, la fille de Pharaon, pré-ado gâtée et capricieuse pourrit la vie de son entourage, jouant la vie de ses sujets et proches aux dés pour tuer le temps. Elle meurt, mais ne bénéficie que d’un embaumement de troisième classe, réservés d’habitude aux épousseteurs de sarcophages et aux pousse-mégots du royaume égyptien.
 
À notre époque, une droguiste dont on devine rapidement qu’elle est comme possédée par l’esprit pour le moins maléfique de la péronnelle susmentionnée, fait de vilains cauchemars, et est obligé de tuer des chats et d’endormir des corbeaux pour lutter contre la douleur qui lui ronge le corps… Elle ne se départ jamais d’un mystérieux jeu de dés qui guide toutes ses décisions… Hein hein…
 
Vous en voulez encore ou cela suffit ? sachez que tout y passe : sexe, alcool, drogue, hallucinations grand-guignolesques, embaumement de chats dans des caves obscures, bref, la bourgeoise égyptophile s’encanaille mais on reste plutôt froid devant ce grand déballage pathétique et poussif.
 
Pfff, que dire d’autre ? Que j’ai eu du mal à finir ? Vous l’aurez sans doute compris, on se croirait dans un mauvais épisode de Scoubidou !
Finalement, c’est faux, je ne suis pas de mauvais poil : c’est bon de rire parfois. Mais les meilleures blagues sont les plus courtes, et je vous assure que 302 pages, c’est longuet !

Le syndicat des pauvres types

Quand je me rends à la bib, c’est munie d’une liste de bouquins dont j’ai glané les titres au hasard de mes trajets sur la toile, au fil des blogs. En général, j’en ressors alourdie de 6 volumes, dont 1 ou 2 - au grand maximum - figurent sur cette liste.

Chaque fois que je tombe sur un bouquin nul, je me dis qu’on ne m’y reprendra plus, et que c’est bien fait pour moi, je n’ai qu’à m’en tenir à ma liste de valeurs sures et évider de baguenauder dans les rayons, à la merci des titre aguicheurs, des reliures implorantes et des étiquettes « découverte » signalant un coup de cœur. Mais il n’y a rien à faire : je tombe toujours dans le panneau…

 

***

 

A 44 ans Antoine Blin est un pauvre type. Fonctionnaire employé au tri postal, sa vie est d’une affligeante vacuité : pas d’amoureux/se, pas d’ami avec qui sortir, même pas un animal à balader. La seule femme qui se soit jamais intéressée à son cas l’a fait par correspondance et dans le louable but de lui piquer de l’argent, mais il garde toute de même son portrait, vu qu’elle est la vraiment seule…

Par dessus le marché, Antoine est obsédé par une odeur corporelle nauséabonde qui lui colle à la peau, et que tous les déodorants n’arrivent pas à masquer en cet été caniculaire. Entre deux douches il tourne, va, vire, se promène, revient… Antoine s’ennuie.

 

Un beau jour, il est accosté par un type qui lui annonce avoir reconnu en lui le paradigme du pauvre type et lui propose de rejoindre leur association dans un but assez peu clair. Il s’agit de s’allier, d’obtenir une réhabilitation et de « réapprendre à vivre malgré tout »... La seule condition pour en être, c’est qu’il admette sa nature profonde en signant la phrase : « je suis un pauvre type ».

Blin est surpris, étonné, mais pas emballé. Irrésolu, il hésite, balance, attend, tergiverse avant de se rendre au siège de cet étrange syndicat afin d’en apprendre un peu plus.

 

L’ennui du pauvre Blin est communicatif, j’ai cru que le temps s’était arrêté avant la fin du bouquin. C’est comme si la touffeur de ces mois de forte chaleur évoquée dans le récit était contagieuse et que l’auteur s’était laissé engluer dans une torpeur un peu glauque… La fin est étonnement sans surprise (ben oui, je nourrissais quelque espoir d’un coup de théâtre), et ne sauve en rien le bouquin…

 

Cette fois, on ne m’y reprendra plus…

L'homme à l'autographe

 

Intriguée par cette couv, j'avais déjà failli l'acheter à la Gare du Nord, mais je n'ai finalement cédé que quelques jours plus tard, chez Tropismes. Pour ceux qui ne connaissent pas, Tropismes est une magnifique librairie belge, implantée en plein Bruxelles, sous des arcades majestueuses : un temple du livre!!

L'homme à l'autographe faisait partie de leurs coups de coeur, et était en promo, double raison de céder à ma curiosité!

 

 

Erreur. Erreur. Erreur.

 

 

Je me suis redoutablement ennuyée, et je suis d'autant plus déçue que j'estime la quatrième de couv honteusement mensongère. La voici :

 

 

Comme son nom l'indique, Alex-Li Tandem est double. Banlieusard et londonien, de mère juive et de père chinois, pris entre Kabbale et Tao, il s'est constitué sa propre mythologie: celle des stars du passé, dont il négocie les autographes. Ce commerce prospère lui assure une existence à la fois rangée et chaotique, toujours à distance des sentiments. Jusqu'au jour où il découvre le Graal des collectionneurs, l'introuvable autographe d'une obscure starlette hollywoodienne des années cinquante. Ce cadeau tombé du ciel va l'entraîner dans une équipée tragi-comique de Londres à New York, qui l'obligera à mûrir et à affronter enfin le trou noir au coeur de sa vie.

À travers les tribulations, tour à tour hilarantes et poignantes, de cet antihéros de notre temps, Zadie Smith jette un regard acide sur une société déchirée entre culte de la célébrité et nostalgie du sacré. Après Sourires de loup, elle confirme avec éclat sa stature de romancière et son attention sans faille aux mutations du monde, grâce à une langue constamment inventive et surprenante, et à une réflexion dont la profondeur et la compassion passent toujours par un humour décapant.

Il faut en fait comprendre :

Alex-li est peut-être double, mais on entend surtout parler de ses amis juifs - dont un rabbin ? qui se soucient de sa vie et veulent absolument le mettre en conformité avec sa religion. Il en résulte des passages extrêmement obscurs et de fait, soporifiques, sur les coutumes juives, la philosophie de la Kabbale et tutti quanti. C'est simple : je n'ai rien compris!! Du coup, j'ai trouvé que cet aspect religieux prenait une place démesurée dans le bouquin!

"Une épopée tragi-comique" : pathétique aurait mieux convenu. Ne nous voilons pas la face : Alex-Li est avant tout un traîne-patin, un looser alcoolisé et drogué qui n'émerge des vapeurs des substances consommées que pour tromper sa copine ou se traîner dans une salle des ventes en vue d'y négocier un kleenex imbibé des glaires de Jojo Caruso, starlette éphémère des années 60. Son existence est tellement poussive que j'avais envie de lui coller des baffes pour le secouer! Je vois pas en quoi le fait d'être tiraillé entre deux cultures expliquerait un sens commun de pizza surgelée, et une énergie de centenaire cacochyme!

 "les tribulations, tour à tour hilarantes et poignantes" : encore une fois, restons calme!! À aucun moment je ne me suis gondolée de rire, ni répandue en pleurs en lisant les errements de ce pauvre gars sans relief? Rien ne m'a touchée dans ce salmigondis religio-mystico-autographo-showbiznesque.

"Anti héros" : ah ben pour une fois je suis d'accord!

"une langue constamment inventive et surprenante" : ?? J'ai pas vu!

"une réflexion dont la profondeur et la compassion" : ça doit parler des passages ésotériques dont la pertinence et l'à-propos m'ont pénétrée à peu près autant que les résultats de recherche de Wendelin Werner autour du "mouvement brownien d'un grain de pollen dans un liquide".

"Passent toujours par un humour décapant" : j'ai trouvé ce bouquin ennuyeux comme un amendement qui se développe. Suis-je normale, Docteur?

 

Voilà, c'est fait! Je suis pas sure de m'atteler de suite à Sourire de loup du même auteur!!

 

 

Par contre, si les aventures d'Alex-Li vous tentent, et que vous persistez à vouloir l'acheter, je vous le vends pas cher ;-D

 

 

 

 

 

 

 

 

La maîtresse de Brecht

En 1948, Bertolt Brecht revient en Allemagne, mettant fin à quinze années d'exil pour cause d'incompatibilité avec le régime en place. Mais la subversion de ses écrits et de ses idées n'ont pas échappé au Parti, qui décide d'entretenir une étroite surveillance à son encontre.

Pour ce faire, quoi de mieux qu'une pépette, dont il tomberait amoureux, et qui serait fort bien placée pour trahir ses petits secrets, ses idées inavouables, ses manies. Aussitôt dit, aussitôt fait, les services secrets enjoignent donc à Maria Eich d'intégrer la troupe de théâtre de l'écrivain et d'en profiter pour le suborner entre deux répétitions. Eu égard au passé douteux de sa famille, l'actrice autrichienne n'a pas le choix et entre alors dans la vie du maître.

Et voilà : normalement, vous êtes conquis, emballé, vous imaginez un récit à mi-chemin entre "Les aventures de Boro reporter" et James Bond… et vous avez tort.

Appâté par le mélange racoleur sexe + espionnage, vous sautez sur le bouquin en question et l'attaquez séant. Et au bout de 10 pages, vous réalisez que vous vous êtes complètement fourvoyé!

Un peu comme si vous aviez acheté des vacances à l'hôtel en Floride, USA, et qu'on vous emmène passer une semaine à l'hôtel Floride à Clermont-Ferrand…

Le livre est d'une lenteur crispante (même si la typo 18 fait tourner les pages plus vite, on est pas dupe), terne, vide ; en un mot : chiant. Il ne se passe rien… Les personnages tristes et incolores auxquels je ne suis pas parvenue à m'attacher évoluent dans un univers lugubre, gris, marron et glauque. Tout à fait l'image que j'ai de l'Allemagne de l'Est après guerre…

La vie des deux principaux intéressés s'écoule avec la fougue d'un robinet qui goutte, entre séances de natation et répétitions au théâtre. C'est incroyable comme on n'apprend rien, ni sur Brecht, ni sur son œuvre, ni même sur ses idées…

Maria tombe amoureuse d'un autre gus, mais en 15 ans, ils se seront vus 4 fois, à peine pris la main, pour ensuite se quitter à tout jamais… Au secours!!

Voici (recopiée sur Evene) la critique, de Stéphane Hoffmann pour le Figaro Madame : "Un grand roman à l'ancienne, avec rebondissements exaltés, bagarres, fuites dans la nuit, séquestrations, querelles d'amour et d'intérêt. A l'ancienne, peut-être mais avec une rapidité d'exécution époustouflante."

Il est évident que cet homme boit… ou alors il n'avait pas lu le livre et, sommé de rendre son papier, il a pondu deux lignes en se basant sur le synopsis… ou alors il a envoyé la critique de "L'île au trésor" de Stevenson…

Curieusement, ce pensum ne me fâche pas avec l'auteur, et je demande à voir autre chose, parce que le style ne m'a pas déplu. Aïe, je viens de voir qu'il est fan de Proust, et qu'il écrit pour Le Point. La lecture de son anthologie attendra un peu…

L'imposture "Baise-moi"

Je n'ai que peu de temps pour lire en ce moment, aussi, ça me gonfle de tomber sur de grosses bouses, a fortiori si elles promettaient au départ un voyage intéressant!! Un peu comme quand vous allez au fast food, alléché par la photo d'un burger dodu et doré, et que la caissière vous apporte une semelle coincée entre deux éponges...

 

Bref, j'ai emprunté à la biblio "Baise moi" de Virginie Despentes, qui avait fait des vagues lors de sa sortie en 1993, au motif qu'il était porno et violentissime.

230 pages plus loin, je trouve ce road movie navrant de facilité, confit de vulgarité inutile...
La cavale pathétique de deux paumées débiles ne m'a pas touchée une seule seconde. Parce que je ne suis pas moi-même une pauvre fille droguée et alcoolisée au dernier degré? Peut-être... je ne pense pas qu'il faille être versé en magie noire pour apprécier Harry Potter!

Mais revenons à nos moutons, enfin à nos brebis (galeuses s'entend). Les duettistes, femelles en rut au QI de bulots, sont deux déchets de la société qui lient connaissance dans une gare et, les grands esprits se rencontrant, partent en goguette se faire sauter et tuer des gens.

Fort d'une telle profession de foi, le binôme de choc trucide nombre de ceux qu'il côtoie, émaillant cette croisade de sentences quasiment philosophiques telles que "On traque la bonne étoile, on va laisser la nique-tamère side of our soul s'exprimer comme elle l'entend" ou "ce connard m'a envoyée chier comme un connard". Entre deux massacres et moult bouteilles de whisky, les deux tarées se dégottent des gars pas farouches pour les besogner, ce qui ne leur remet pas pour autant les idées d'aplomb.

Le livre a-t-il mal vieilli? Ne suis-je pas le public visé? J'ai en tout cas trouvé que ce roman ne méritait pas le scandale de l'époque, la violence et le sexe contenus dans ces quelques pages étant parfaitement stériles : pas de combat ni de revendication, pas de dénonciation ni de remise en cause, aucune subversion… Comme si l'auteur avait additionné toutes les grossièretés de son répertoire pour mieux faire oublier la vacuité derrière les mots. Au final, la provoc au service du néant plutôt que la violence révélant le talent, poil aux dents.